Zebank, enfin...

Par , le 13 février 2001 à 10h39 , mis à jour le 13 février 2001 à 11h36

Le supermarché de la banque vient d'ouvrir ses portes sur le net. La banque dans laquelle Bernard Arnault a investi 675 millions de francs vise les 60 000 clients à la fin de l'année.

zebank la banque virtuelle de bernard arnault © INTERNE

Bernard Arnault n'est pas supersticieux. Après moult hésitations et reports, c'est aujourd'hui, mardi 13 février, que son projet "d'hyperbanque" du net voit le jour et devient ainsi la treizième banque en ligne en France.

Contrairement à ses concurrentes et prédecesseurs, Zebank n'existe pas ailleurs que sur le net. Aucune agence, aucun guichet, aucune trace physique de "Zeproject" dans la "vie réelle". Le projet dans lequel le patron du groupe LVMH a investi pas moins de 675 millions de francs n'en est pas moins un "vrai" projet. Plus qu'une simple banque, il s'agit d'un supermarché financier dans lequel les clients peuvent faire leurs courses, ouvrir un compte, souscrire une assurance automobile ou un prêt à la consommation, comparer les prix...

La banque qui compte l'ancien Pdg de Elf, Philippe Jaffré comme président du directoire de surveillance, propose non seulement ses propres produits mais aussi ceux d'autres établissements. En matière de crédit, par exemple, les clients de Ze Bank pourront choisir parmi une quinzaine de produits issus de cinq fabricants". Cette "hyperbanque", néologisme employé par ses dirigeants, couvre l'éventail des cinq activités du métier bancaire: le compte courant (chéquier, carte bancaire), l'épargne (livret, produits de placement, Sicav), la bourse (accès à six marchés européens et deux américains), le crédit (automobile, logement, consommation) et l'assurance (automobile, logement, santé).

Objectif 60 000 clients

une "clientèle plutôt mobile, constituée de clients de type jeune cadre branché et de personnes qui souhaitent que leurs capitaux soient valorisés" O. de Montety.

La réduction "considérable" des coûts générée par l'internet entraîne par ricochet une rémunération à 5,10% du Livret Ze, une carte bleue Visa (débit immédiat) à 50 francs par an et une carte Visa Premier (débit immédiat) à 240 francs par an, la gratuité des virements bancaires en France, la gratuité de l'expédition à domicile des chéquiers, etc. Pour la commodité, Ze Bank mise sur son accessibilité, sur la gestion "autonome" par le client de ses transactions, sans négliger l'aspect conseil nécessaire en matière d'investissement en bourse, d'assurance ou de crédit. Sur les 115 millions d'euros de fonds propres attribués à Ze Bank, la construction de la banque en a déjà absorbé le tiers. Le point d'équilibre, y compris les dépenses d'acquisition du client, devrait être atteint au cours de la quatrième année d'exploitation.

L'objectif est de compter 60.000 clients après la première année d'exploitation, une "clientèle plutôt mobile, constituée de clients de type jeune cadre branché et de personnes qui souhaitent que leurs capitaux soient valorisés", estime M. de Montety.

Le lancement de Ze Bank, initialement prévu pour le début de l'année 2000, avait été repoussé pour des raisons de "prudence", avait précisé le 3 janvier dernier Bernard Arnault, qui avait annoncé son projet de banque en ligne en juillet 1999. Ze Bank est détenue à 80% par Europatweb, pôle internet du groupe Arnault, et à 20% par la banque franco-belge Dexia.

Par Sophie Lutrand le 13 février 2001 à 10:39
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