© AFPC’est la naissance d’un géant du syndicalisme qui a été entérinée lundi à Berlin. Réunis au centre des congrès, près de cinq mille délégués ont donné corps à Ver.di (abréviation pour Vereinigte Dienstleistungsgewerkschaft), mégacentrale regroupant les cinq syndicats allemands du secteur des services. Pour cela, il aura fallu que les délégués de ces derniers votent la dissolution de leurs fédérations respectives. C'est chose faite depuis samedi. L’ÖTV, le syndicat des services publics et des transports, qui compte à lui seul près de la moitié des trois millions d’adhérents de la nouvelle entité, a montré la voie approuvant à 87% la dissolution. Le syndicat des employés (DAG), celui des médias (IG Medien), celui du commerce, de la banque et des assurances (HBV) et celui des postiers ont suivi dans la journée.
" Nous allons pouvoir reporter sur le patronat toute l’énergie que nous déployions jusqu’alors à nous faire concurrence entre nous ", a déclaré Peter David. |
Mariage de raison, cette fusion intervient après trois années d’âpres négociations qui coûtèrent sa place à l’ancien président de l’ÖTV, Herbert Mai, initiateur du rapprochement. En novembre dernier, en effet, lors d’une "consultation à blanc", les militants de son syndicat n’avaient soutenu le projet qu’à 65% alors qu’une majorité de 80% était requise. C’est son successeur, Frank Bsirske, 49 ans, membre du parti Vert, qui assurera la présidence de Ver.di.
Avec cette fusion, les syndicats allemands comptent lutter contre la désaffection qui touche le militantisme syndical en Allemagne. Ils espèrent aussi représenter un interlocuteur de poids dans les négociations sociales. "Nous allons pouvoir reporter sur le patronat toute l’énergie que nous déployions jusqu’alors à nous faire concurrence entre nous", a ainsi déclaré au quotidien Libération Peter David, représentant du DAG auprès du gouvernement.
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