© INTERNE"La mesure du stress est un outil pour nous, une sorte de révélateur de dysfonctionnements", explique Christophe Gadéa, directeur d'Exo.stress, une jeune start-up rennaise spécialisée dans la gestion et le management du stress dans le milieu professionnel. Selon une enquête réalisée par Liaisons sociales, un salarié sur dix a déjà eu un ou plusieurs arrêts maladie liés au stress au travail. Le créneau choisi par cette jeune pousse est porteur.
Christophe Gadéa et Laurent Claquin, 28 et 29 ans, viennent tous deux du milieu de la recherche. L'un est en thèse de psychologie sociale, l'autre est psychologue-ergonome. Selon eux, il existe un "bon" et un "mauvais" stress. Bien connu des sportifs, le "bon stress" est celui qui provoque une surproduction d'adrénaline et permet de se surpasser, d'aller de l'avant. Le "mauvais stress" est celui qui paralyse. "Ce dernier peut entraîner des ulcères, de l'hypertension, des troubles du sommeil, un état dépressif, mais aussi une recrudescence d'accidents du travail, alcoolisme et tabagisme", énumère Christophe Gadéa. "On entend partout que le stress est mauvais mais ce n'est pas vrai du tout. Il nous permet de mobiliser des ressources que nous n'aurions pas sinon", analyse le jeune entrepreneur.
Management rapproché
Concrètement, Exo.stress propose aux sociétés des outils de mesures du stress de leurs
employés : entretien individuel avec des membres du personnel, questionnaires, stage de formation : "gestion du stress pour les salariés", "management du stress" pour le personnel encadrant. Citroën qui emploie pas moins de 10 000 personnes dans les environs de Rennes a déjà fait deux fois appel à eux. En août 1999 lors de la fermeture d'une unité, 800 personnes dont 80% de femmes ont dû être affectées à une chaîne de production. "Elles sont passées d'un travail où elles étaient responsables et autonomes à l'activité à la chaîne qui est très stricte et quasi exclusivement masculine", explique Patrick Gilbert, médecin du travail chez Citroën. Le rôle d'Exo.stress a été d'écouter ces personnes, d'évaluer leurs craintes, leurs attentes et d'en faire part, en respectant le principe de l'anonymat, à un comité de pilotage qui réunit la direction, la médecine du travail et les syndicats. "Cela nous a permis de voir que ces 800 personnes étaient inquiètes, avaient peur d'intégrer un nouveau groupe, de ne pas être à la hauteur. Nous avons multiplié les réunions d'informations et les formations", rapporte Patrick Gilbert. Selon lui, ce n'est pas du tout ce qui se faisait auparavant. 
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L'intérêt est double : pour les salariés, de voir leurs attentes entendues et pour la direction d'améliorer la productivité. Le second chantier d'Exo.stress chez Citroën : faire avaler aux salariés le passage d'une pause déjeuner de 40 minutes dans un restaurant d'entreprise à 11 minutes, pas une de plus, sous la forme d'un casse-dalle avalé à deux pas de la chaîne de production ! "A l'occasion du passage aux 35 heures, les temps de pause ont été revus", explique Christophe Gadéa. "De toutes façons, le changement allait se faire, donc autant l'optimiser". Résultat, un système de restauration rapide a été mis en place et les ouvriers ont été sensibilisés au repas du matin…
"Briser pour reconstruire, ce n'est pas notre stratégie"
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Autre intervention parmi des informaticiens se plaignant de travailler dans le stress : des séminaires de "management du stress" ont été organisés. "Nous avions des personnes qui craquaient, faisaient des crises de larmes, il était temps de faire quelque chose", raconte Robert Brépeaux, directeur technique du syndicat interhospitalier de Bretagne (un éditeur de logiciels adaptés aux hopitaux publics). Du mieux ? "Nettement oui. Ça se ressent au niveau de l'ambiance, les gens s'épaulent davantage et surtout ils parlent entre eux de leur stress, ce qu'ils ne faisaient pas avant".
Les sociétés françaises, grands groupes ou PME, font de plus en plus appel à ce type de "consultants en stress". La mode, comme souvent, est venue des Etats-Unis où ces pratiques sont prises très au sérieux et utilisées depuis cinq ou six ans dans les plus grandes sociétés. La méthode française diffère cependant : "Aux Etats-Unis, on met les gens sous pression, on reproduit une situation de stress pour leur montrer ce que c'est et pour les aider ensuite à le gérer. Briser pour reconstruire, ce n'est pas notre stratégie", estime Christophe Gadéa.
Exo.stress, exostress@exostress.com
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