© INTERNELe dernier bilan établi par la Grande-Bretagne fait état de trente-six foyers de fièvre aphteuse identifiés. Le ministre français de l’Agriculture et de la Pêche l’a répété aujourd’hui, aucun cas n’a encore été constaté en France mais " je ne jurerai pas que nous n’en aurons jamais ". Face à cette menace, le gouvernement prend le maximum de précautions.
Abattage des ovins d’origine britannique
Le 27 février, le gouvernement a décidé de l’abattage de tous les ovins importés du Royaume-Uni depuis de 1er février et jusqu’au 21 février, date de l’embargo sur les animaux britanniques. La mesure concerne 20 000 bêtes dont 10 000 encore vivantes. Ces dernières sont abattues et détruites sur place. Des prélèvements sanguins sont effectués sur une cinquantaine de bêtes et envoyés pour examens au laboratoire vétérinaire de Maisons-Alfort. Pour le moment, les premiers tests se sont révélés négatifs mais l’essentiel des résultats sera connu d’ici quelques jours. Pour les animaux arrivés déjà morts sur le territoire français, on saisit les carcasses et on les détruit. Une vingtaine de départements français sont concernés par ces décisions.
Abattage des ovins ayant été en contact avec des bêtes britanniques
Depuis aujourd'hui, la plupart des véhicules provenant d'Angleterre sont désinfectés avant de retourner sur le territoire français. |
Le 28 février, le ministère a décidé de faire abattre également les ovins ayant été en contact avec les animaux importés de Grande-Bretagne soit 30 000 bêtes supplémentaires. Au départ, ces animaux avaient seulement été placés sous surveillance.
Abattage des ovins dont l’origine n’est pas certifiée
Les animaux provenant d’échanges intra-communautaires mais dont l’origine ne serait pas connue de manière certaine seront également abattus. Les douaniers sont donc chargés de contrôler les camions transportant du bétail et de vérifier leur provenance. Contrairement aux bovins dont l’étiquetage permet avec certitude de connaître leur origine et de savoir où ils ont été élevés, un doute peut encore exister pour les ovins. La direction générale de l’alimentation (DGAL) ne donne aucun chiffre d’ovins concernés par cette mesure étant donné qu’elle s'applique au cas par cas.
Désinfection des véhicules en provenance de Grande-Bretagne
Une directive nationale a demandé la désinfection des véhicules transportant des animaux, comme des chiens ou des chevaux, qui ne sont pas concernés par l’embargo. Mais localement les préfectures et les directions départementales des services vétérinaires sont allées plus loin en décidant de la désinfection de tous les véhicules ayant foulé le territoire anglais. C’est le cas du port du Havre depuis jeudi après-midi. En sortant du ferry, les véhicules, camions ou voitures, doivent passer dans des bacs où l’on a disposé une rotoluve, un mélange de paille et de soude caustique afin de désinfecter les pneus des véhicules susceptibles de propager le virus. Idem à Cherbourg et dans le port de Ouistrecham près de Caen. A Calais, on a préféré procéder à cette désinfection de l’autre côté de la Manche, à Douvres.
Les poids lourds et voitures venant du Royaume-Uni par le tunnel sous la Manche seront également soumis à partir de vendredi à un dispositif de désinfection à Calais (Pas-de-Calais). La société Eurotunnel a pris cette décision de notre propre initiative.
Désinfection des personnes
Tant qu'aucun cas n'a été décelé en France, la loi ne permet pas de prendre de telles mesures, indique la DGAL. Une information devrait être mise en place dans les heures ou les jours à venir auprès des voyageurs dans les gares, les ports et les aéroports. On leur conseillera de ne pas rapporter d'aliments à base de viande et, s'ils ont été en contact avec des animaux en Grande-Bretagne, de changer de chaussures et de vêtements. "On ne peut tout de même par leur imposer de prendre une douche", déclare-t-on à la DGAL. En revanche, si l'épizootie traversait la Manche, la limitation de la circulation des personnes pourraient être envisagée.
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