L'état d'urgence sanitaire

Par Franck LEFEBVRE , le 25 mars 2001 à 23h50 , mis à jour le 24 mars 2001 à 00h14

Un deuxième foyer de fièvre aphteuse a été découvert vendredi soir dans une ferme de Seine-et-Marne. Jean Glavany a aussitôt étendu le plan anti-fièvre aphteuse à tout le pays. Rude coup pour l'agriculture française, qui pouvait espérer une levée de l'embargo pesant sur ses produits d'ici le 28 mars.

fièvre aphteuse transport d'animaux interdit © INTERNE


La localisation du deuxième foyer

Pour la France, les espoirs d’une fin rapide de la crise de la fièvre aphteuse se sont effondrés vendredi soir. Jusqu’alors, un seul foyer avait été signalé, dans la Mayenne. Les experts vétérinaires avaient relevé 54 suspicions cliniques du virus, mais une seule avait été confirmée, à La Baroche-Gondoin. Mardi, Lionel Jospin, confiant, demandait déjà à ses partenaires européens d’envisager une levée de l’embargo pesant sur le bétail français. "Quand on sera arrivé à une durée de quinze jours ou un peu plus (...), si nous n'avons pas de nouveau cas, on pourra considérer que cette épizootie a été dominée". Une option aussitôt acceptée par le comité vétérinaire permanent de l’Union européenne.

Mais à quatre jours de la date limite, un deuxième foyer de fièvre aphteuse a été découvert en Seine-et-Marne, dans une ferme de Mitry-Mory. La préfecture du département a aussitôt déclenché le plan fièvre aphteuse. Les 300 animaux ont été abattus dans la nuit, un périmètre de protection a été mis en place sur 3 km, doublé d’un dispositif de surveillance, géré par la police, à 10 km à la ronde, destiné à contrôler les mouvements d'animaux. Interrogé par LCI, l'éleveur a vivement mis en cause les vétérinaires des services publics qu'il a accusés d'être des "ordures". "Ils sont venus vendredi matin. Ils sont rentrés sans se laver les pieds. Premièrement, les vétos ont regardé les moutons. Il y avait une génisse avec eux qui n'avait aucun problème et qui jouait (...) Ils ont dit qu'elle avait des boutons. Ils ont fait des prises de sang mais ils l'ont tuée en même temps."

"On avait le sentiment qu'on arrivait au bout" 


"Il va y avoir du grabuge"
s'emporte l'éleveur


Immédiatement prévenu, le ministre de l'Agriculture, Jean Glavany, a décidé d'étendre à toute la France le dispositif du plan fièvre aphteuse, à titre conservatoire. Selon ces mesures d’urgence, les viandes, lait et produits qui n'ont pas subi un traitement thermique contre la fièvre aphteuse ne peuvent désormais plus quitter le territoire. Une enquête a été lancée à la suite de soupçons de fraude sur la provenance des animaux abattus ; mais samedi soir, le négociant en ovins de La Baroche-Gondouin qui a vendu ses moutons à l'exploitant de  Mitry-Mory a été mis hors de cause. De son côté, la FNSEA demande que tout soit fait pour que l'on puisse connaître la raison de la contamination de ce troupeau, qui semble être passé entre les mailles du filet sanitaire mis en place en France depuis le début de l'épizootie.

Ironie du sort : dans le département de Seine-et-Marne, trois autres secteurs avaient été placés sous surveillance depuis le début de la crise à la suite de découverte de cas suspects ; deux d’entre eux avaient déjà été levés, les résultats des analyses s'étant révélés négatifs. "On avait le sentiment qu'on arrivait au bout. Là, c'est une mauvaise nouvelle", a commenté le préfet. La crise se poursuit. Et la France va rester sous embargo.


 

Etat des lieux

Conséquences de la maladie

- La fièvre se répand en Europe              - Conséquences économiques
- Le pire est-il passé pour la France?      - Conséquences sur l’environnement
- Premières aides pour les éleveurs        - Pas de menace pour la population
                
                                           - Faut-il vacciner ?

 

Par Franck LEFEBVRE le 25 mars 2001 à 23:50
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