L'étau des taux pourrait se desserrer

Par Gérard RANSAY , le 28 mars 2001 à 10h48 , mis à jour le 28 mars 2001 à 12h25

La Banque centrale européenne reverra probablement à la baisse ses prévisions de croissance dans la zone euro. La plupart des analystes s'attendent à une baisse des taux d'intérêt à l'issue de la réunion des gouverneurs de la BCE ce jeudi. Le principal taux est actuellement fixé à 4,75%.

La BCE relève ses taux d'intérêts © INTERNE

Contre toute attente, la Banque centrale européenne (BCE) serait résolue à baisser son taux principal dès jeudi. Le marché anticipe une diminution significative de 25 points à 4,50%. Un tel recul serait une victoire des pessimistes de la croissance sur les partisans des prix stables. Otmar Issing, le chef économiste de la BCE, a reconnu que le contexte économique s'était nettement dégradé depuis la publication de ses projections sur l'inflation et la croissance dans la zone euro, en décembre dernier.

Le ralentissement de l'économie américaine, ajouté aux mauvaises nouvelles du Japon, fait craindre une contagion aux économies européennes. La pression sur la Banque centrale par les différents gouvernements de la CEE est forte, ce que Laurent Fabius a confirmé, lundi, en se déclarant "satisfait de tout ce qui permet de relancer la croissance car elle est la clé de l'emploi". La morosité persistante dans une Allemagne qui pèse 30% du PIB de la zone euro n'arrange rien et "rend la baisse des taux possible" selon Cristophe Weil de Commerzbank.

La BCE orientera toutes les places boursières sans exception

Deux bonnes nouvelles valant mieux qu'une, les marchés financiers ont également réagi positivement hier à la publication d'une hausse de 8 points de l'indice de confiance des consommateurs américains. Les ménages américains gardent le moral malgré un marché action morose et des licenciements massifs dans plusieurs secteurs d'activité. La plupart des analystes financiers attendaient une baisse et d'aucuns considèrent déjà que ce bon chiffre éloigne fermement le spectre de la récession aux Etats-Unis.

Le 29 mars, date de l'annonce officielle de la décision de la BCE sur les taux, devrait donc être déterminant pour la bonne marche des marchés. Malgré la logique apparente de la tendance baissière de la croissance, certains des responsables de la BCE sont opposés à une diminution du niveau de crédit arguant d'une visibilité insuffisante sur l'inflation. Le deuxième argument de poids contre un recul des taux est l'impact négatif que celui-ci pourrait avoir sur la tenue de l'euro face au dollar.

Une seule certitude : quelle qu'elle soit, la décision jeudi prochain du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne orientera toutes les places boursières sans exception. Mais bien malin celui qui pourrait prédire si ce sera à la hausse ou à la baisse.

Retrouvez l'analyse de la séance sur tf1.fr

Par Gérard RANSAY le 28 mars 2001 à 10:48
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