© INTERNEPlus de 40.000 animaux ont déjà été abattus en France, et l’on continue à découvrir des cas de suspicion de fièvre aphteuse chaque jour. Faut-il continuer la politique des abattages "préventifs", au risque de mettre à genoux une partie de l’agriculture française, ou recourir à la vaccination de masse ? Pour beaucoup d’éleveurs, le doute n’est pas permis : il faut vacciner ; l’abattage leur apparaît d’autant plus absurde que, dans la plupart des cas, les animaux touchés par la fièvre peuvent en guérir. Le ministre de l'Agriculture, Jean Glavany, est plus mesuré. "La vaccination, ce serait l'arme ultime, si on ne parvenait pas à maîtriser l'épizootie. Mais, pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour", assure-t-il.
La vaccination n’est pas une solution-miracle
![]() "La vacination n'est pas à l'ordre du jour" |
Cette réticence vis-à-vis de la vaccination accentue le désespoir des éleveurs. Mais la vaccination n’est pas, semble-t-il, une solution miracle. Elle est extrêmement coûteuse, doit être renouvelée tous les six mois, et il devient difficile, lors d’une campagne de vaccination systématique, de distinguer les animaux malades des animaux sains, qui développent les mêmes anticorps. Et la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture, estime qu’une campagne de vaccination ne saurait se substituer aux abattages systématiques des animaux suspects. En gros, vacciner ne permettrait pas de sauver les élevages où des cas possibles de fièvre aphteuse ont été signalés…
"En dernier recours"
![]() Le foyer de fièvre aphteuse signalé en France |
L'Union européenne n'exclut cependant pas de recourir à nouveau aux vaccins si la situation l'exigeait, a souligné Johan Reyniers, porte-parole de la Commission. Mais la législation européenne ne prévoit l'utilisation de vaccins que dans les situations d'urgence. Il s'agit généralement de vacciner les animaux des exploitations situées aux environs d'un foyer de découverte de la maladie. L'UE a ainsi participé à une campagne ponctuelle de vaccination l'année dernière dans les pays des Balkans et en Turquie, qui eux aussi pratiquent une politique de non-vaccination. En août 2000, l'Union européenne avait ainsi envoyé plus de 1,5 million de vaccins dans la région, dont 1,3 million de doses en Turquie. L'UE dispose, à ce jour, de 30 millions de doses de vaccin.
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