Au chapitre des nouvelles rassurantes, deux cheptels à risque, l’un proche de La Baroche-Gondoin et l’autre dans l’Eure avaient été mis hors de cause lundi. |
Le pire est-il passé ? Une semaine après la découverte d’un foyer de fièvre aphteuse dans la Mayenne aucun autre cas avéré n’a été signalé, selon la cellule de crise installée au ministère de l’Agriculture et de la Pêche. Les experts vétérinaires avaient relevé 54 suspicions cliniques du virus, mais une seule a été confirmée, à La Baroche-Gondoin, a précisé mardi un membre de la cellule répondant à des informations contradictoires qui avaient circulé. Au chapitre des nouvelles rassurantes, deux cheptels à risque, l’un proche de La Baroche-Gondoin et l’autre dans l’Eure avaient été mis hors de cause lundi. Devant ces constatations, Lionel Jospin a demandé mardi matin à ses partenaires européens de lever l’embargo sur le bétail français d’ici le 27 mars. "Quand on sera arrivé à une durée de quinze jours ou un peu plus (...), si nous n'avons pas de nouveau cas, on pourra considérer que cette épizootie a été dominée, surmontée et que la France est indemne de fièvre aphteuse et je souhaite personnellement qu'à ce moment-là, au plan communautaire, des décisions puissent être prises", a-t-il déclaré en s’appuyant sur le délai d’incubation du virus estimé à deux semaines – le premier cas de fièvre avait été révélé le 13 mars dernier.Un appel entendu par l’Union européenne
Aussitôt dit, aussitôt entendu par le comité vétérinaire permanent de l’Union européenne qui s’est engagé dans la soirée à supprimer les mesures de restriction pesant sur une partie des exportations du cheptel français le 28 mars prochain, si aucun nouveau cas n’est enregistré et tous les tests négatifs.
"Nous devons rester vigilants", a toutefois prévenu Jean Glavany, le ministre de l’Agriculture et de la Pêche. Conformément au principe de précaution, six exploitations restent d’ailleurs placées sous séquestre dans cinq départements (Cher, Mayenne, Oise, Seine-et-Marne, Rhône) et isolées à l’intérieur d’un périmètre de sécurité de 3 km pour une durée d’un mois après l’élimination des animaux et après deux désinfections complètes. Sur les cinq mille prélèvements sanguins effectués, quelque quatre cents sérums doivent être encore analysés sous le contrôle de l’Agence de sécurité sanitaire alimentaire. Une fois connus, ils permettront de donner une vision plus précise de l’évolution de l’épizootie.
Des conséquences économiques à long terme
Le Royaume-Uni compte desormais près de 400 foyers de fièvre aphteuse |
Malgré ces zones d’ombre, l’hypothèse d’un foyer isolé, semble se confirmer selon le docteur Chillaud, chef du service de l’information et des échanges internationaux de l’Office international des épizooties joint par tf1.fr. "Puisque aucun animal n’est vacciné, le virus, s'il est présent, devrait se révéler très vite" précise-t-il, rappelant que la France a été prévenue du risque en amont, ce qui a permis de mettre en place sans délai des mesures draconiennes. " A contrario, le Royaume-Uni a souffert d’un retard de diagnostic de dix jours dans une période de ventes et de circulation intenses d’animaux, ce qui peut expliquer en partie la propagation de la fièvre". Le pays compte désormais près de 400 foyers tandis que l’armée a été appelée à la rescousse pour enlever les milliers de carcasses.Même si la France semble s’acheminer vers une sortie de crise, les conséquences économiques de l’épizootie pèseront encore longtemps sur les éleveurs. Pour regagner son statut de pays indemne auprès de l’Office international des épizooties et pouvoir exporter librement, "il faudra ainsi lancer une nouvelle enquête épidémiologique qui devra être validée. Pour l’Uruguay, victime d’une même épizootie, cela avait pris près de quatre mois", conclut le docteur Chillaud.