© INTERNELes groupes technologiques américains multiplient les suppressions d'emplois, de Cisco à Motorola, pour parer au ralentissement de la croissance aux Etats-Unis et préserver leur compétitivité. Dernier en date, le numéro deux mondial des téléphones portables, Motorola, a annoncé mardi qu'il va supprimer 7.000 emplois supplémentaires dans sa division de téléphonie mobile. Cette mesure porte à 12.000 le total des réductions d'effectifs dans cette division depuis décembre. S'y ajoute la suppression de 4.000 postes dans l'activité semi-conducteurs, annoncée en février. Le groupe, qui emploie environ 145.000 personnes, va ainsi dégraisser ses effectifs de quelque 10%.
Les suppressions d'emplois dans la téléphonie mobile visent à réduire les coûts et préserver la position du groupe sur le marché mondial, a expliqué Motorola. Le numéro un mondial du secteur, le finlandais Nokia, a représenté 30% du marché en 2000, devant Motorola (15%), le suédois Ericsson (10%) et l'allemand Siemens (7%), les ventes mondiales s'étant élevées à quelque 400 millions d'unités. Motorola table certes sur une poursuite de sa croissance dans ce secteur en 2001 mais à "un rythme ralenti", a souligné le président de la division Communications personnelles (PCS), Mike Zafirovski.
Prévisions 2001 revues à la baisse
Les principaux fabricants de téléphones portables ne cessent de revoir à la baisse leurs estimations pour l'ensemble du marché en 2001. En février, Motorola ne tablait plus que sur des ventes mondiales inférieures à 500 millions d'unités. Son concurrent Siemens a réduit quant à lui ses projections à 450 millions d'unités. Motorola n'exclut plus d'afficher une perte d'exploitation au premier trimestre 2001, ce pour la première fois depuis 15 ans, si le ralentissement économique américain et la faiblesse de ses commandes au niveau mondial s'accentuent.
Un autre groupe hautement symbolique du secteur high-tech, le fabricant de routeurs Cisco, a annoncé le 9 mars qu'il allait supprimer jusqu'à 5.000 emplois permanents et 4.000 emplois temporaires, soit 17% de ses effectifs, d'ici juillet. Il s'agit des premières suppressions d'emplois d'envergure dans l'histoire de cette jeune compagnie, créée au début des années 80. Cisco, dont la bonne étoile paraissait jusqu'à peu inébranlable en raison des besoins d'équipements de réseaux, notamment dans l'Internet, a été rattrapé par le ralentissement économique américain et la réduction des dépenses high-tech des entreprises. Cette faiblesse commence à "s'étendre à l'Asie et l'Europe", selon le P-DG de Cisco, John Chambers. Autre poids lourd du secteur high-tech, le numéro un mondial des microprocesseurs, Intel, a annoncé le 8 mars la disparition de 5.000 emplois, soit 6% de ses effectifs, sur les neuf premiers mois de 2001, essentiellement par départs naturels.
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