Après des mois de silence, la Commission européenne se décide enfin à intervenir sur le dossier de la téléphonie mobile de troisième génération appelée "UMTS". Elle doit proposer demain aux Etats membres, à l'occasion de l'ouverture du sommet des Quinze à Stockholm, de nouvelles dispositions visant à faciliter le lancement de l'UMTS qui doit permettre d'accéder à l'Internet sur les téléphones mobiles.
L'attribution des licences a rapporté 50 milliards d'euros à l'Allemagne et 38,5 milliards d'euros à l'Angleterre. |
Dans une interview au journal Le Monde, le commissaire européen à la société de l'information, Erkki Liikanen, a la dent dure avec la politique menée par les Etats membres en matière d'UMTS : "L'intérêt des caisses de l'Etat ne converge pas toujours avec l'intérêt de l'économie nationale (…). Il est consternant que certains regrettent encore que le niveau des licences –dans leur pays- n'ait pas atteint celui de l'Allemagne ou du Royaume-Uni". L'attribution des licences avait rapporté 50 milliards d'euros à l'Allemagne et 38,5 milliards d'euros à l'Angleterre. Le commissaire rejette également la faute du manque d'harmonisation des modes d'attribution des licences sur les Etats membres : "Nous avions proposé, dès le départ, la création d'une base légale pour que la Commission puisse coordonner le processus de distribution des licences. Les Etats membres nous ont refusé ce pouvoir (...)".
Plusieurs opérateurs, un seul réseau
La Commission européenne devrait proposer d'assouplir certains dispositifs et notamment la date butoir d'attribution des licences européennes initialement fixée au 1er janvier 2002. L'allongement de la durée d'exploitation des licences permettrait par ailleurs aux opérateurs de téléphonie mobile d'étaler les paiements et de mieux supporter les coûts. Aujourd'hui, les équipementiers annoncent des retards dans la livraison des réseaux UMTS et des terminaux et l'enthousiasme sur l'engouement des consommateurs pour l'UMTS a laissé la place au scepticisme. Selon certaines évaluations, les opérateurs ne rentreraient même pas dans leurs frais avant la fin de l'exploitation des licences. Autre mini-avancée proposée par la Commission : la mutualisation des investissements. Les opérateurs pourraient ainsi s'associer pour partager les frais de réseaux ce qui diviserait d'autant les coûts en infrastructures. L'idée présente également l'avantage de réduire le nombre d'antennes dans le paysage européen.
Pour le moment, l'ART se refuse à commenter les propositions de la Commission sans les avoir étudiées, "mais je considère que la démarche de la commission est essentielle et répond à une attente" a indiqué Jean-Michel Hubert, président de l'Autorité de régulation des télécoms. C'est cette autorité administrative indépendante qui devait attribuer quatre licences pour la France. Mais seuls deux candidats ont déposé des dossiers à la fin du mois de janvier : France Télécom via Orange et Vivendi Universal via SFR. Les récentes déclarations de la commission pourraient redonner espoir aux opérateurs qui avaient jeté l'éponge face au prix jugé exorbitant des licences.
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