© INTERNELa récession économique qui menace les Etats-Unis et le Japon s'arrêtera-t-elle aux frontières de l'Union européenne. Les experts, s'ils ne veulent pas sombrer dans le pessimisme, revoient, les uns après les autres, leurs prévisions de croissance de la zone euro pour cette année.
L'OCDE et les six grands instituts de conjonctures allemands ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance hier alors que se tient aujourd'hui la réunion du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) qui pourrait y voir un argument supplémentaire en faveur d'une baisse des taux d'intérêts. L'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) prévoit une croissance de 2,7% de la zone euro en 2001 contre une première estimation à 3,1% en novembre dernier. Les instituts allemands sont même encore plus prudents en misant sur une croissance du PIB des douze pays de l'Union européenne de 2,6% contre 2,8% à l'automne 2000.
Au banc des accusés, le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis voire le spectre d'un vent de récession et "cet atterrissage brutal de l'économie américaine pourrait peser temporairement sur les économies de la zone euro", a estimé la banque centrale allemande dans son rapport annuel publié hier.
La France également concernée
La flambée des cours du pétrole au début de l'automne et la dépréciation de l'euro sur les marchés des changes semblent également avoir contribué à mettre à mal la croissance selon l'OCDE. Point d'affolement toutefois. L'OCDE estime que "dans la mesure où la zone euro est un vaste ensemble relativement fermé, elle est mieux à même de résister à de tels chocs extérieurs négatifs que les pays qui la composent ne le pouvaient individuellement par le passé. La bonne tenue de la consommation des ménages, l'investissement et le recul du chômage sont également cités comme autant d'arguments rassurants.
Au même moment à Paris, le Medef, mouvement des entreprises de France, estimait que la croissance française en 2000 devrait se situer autour des 2,5%. Une estimation "très éloignée des 3,3% qui avaient été annoncés pour être la base de réglage budgétaire et des systèmes sociaux", a estimé Ernest-Antoine Seillière, le patron du Medef. Un coup de plus en direction du ministère de l'Economie et des Finances qui a lui-même revu ses prévisions à la baisse fin mars en les rapportant à 2,9%.
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