© INTERNEPour les entreprises françaises, c’est une véritable révolution culturelle qui s’amorce. Tout au long des années de crise, elles se sont habituées à un marché du travail qui leur était largement favorable, où elles n’avaient qu’à puiser les cadres qui leur convenaient. Mais désormais, la tendance s’inverse. Et les entreprises découvrent à leurs dépens que les cadres sont mobiles – et qu’ils sont tout à fait susceptibles d’aller exercer ailleurs leurs compétences. Il faut donc fidéliser. Meilleurs salaires, stock-options, primes diverses… tout est bon pour retenir les perles rares. Ou pour essayer de les débaucher chez les concurrents… Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Démographes et économistes sont formels : pour les entreprises, le plus difficile est à venir.
![]() Les cadres n'hésitent plus à bouger ; les entreprises cherchent comment les retenir. |
Il faut savoir attirer les cadres… mais surtout, savoir les retenir
Les entreprises commencent d’ores et déjà à élaborer des stratégies. Ce qui nécessite une remise à plat des méthodes de gestion des ressources humaines pratiquées jusqu’à présent. Quadrature du cercle : il faut attirer les cadres, les motiver, et les dissuader d’aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte. Tout cela a un coût… mais l’aspect financier n’est qu’un des moyens de galvaniser les troupes. Il faut aussi que les cadres se sentent reconnus, quel que soit leur âge et leur niveau dans l’organigramme de l’entreprise. D’où les programmes de formations ciblées à destination des "jeunes talents", de façon à favoriser leur intégration (c’est ce que Legrand a déjà commencé à mettre en place, avec son programme "conducteur de talents", créé en 2000), ou les responsabilités nouvelles confiées aux "seniors" pour mieux retenir ceux qui ont le plus d’expérience au sein du groupe (France Telecom, Sanofi, Thomson, Renault et Saint Gobain travaillent en ce moment, en liaison avec l’Institut des nouvelles carrières, sur les manières d’employer au mieux leurs "seniors"… par exemple, en leur faisant jouer des rôles de "tuteurs" pour les nouveaux embauchés).
Certaines n’hésitent pas à recourir à des moyens atypiques pour "booster" les embauches. Adecco, Bouygues Telecom ou le Club Méditerranée ont lancé des campagnes de publicité au cinéma. Misant plutôt sur les nouvelles technologies pour favoriser sa promotion, Pechiney a innové en créant un concours "e-reporter" visant les étudiants des grandes écoles. De son côté, L’Oréal a lancé un jeu de stratégie sur le Net, baptisé "e-start challenge". Avec un résultat prometteur : officiellement, le jeu aurait attiré plus de 2 000 étudiants, de 44 nationalités différentes. De quoi donner des idées aux recruteurs… En effet, pour faire face à la pénurie qui se profile, beaucoup commencent aussi à lorgner au-delà des frontières. Vers l’Europe de l’Est, par exemple…
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