Les fonctionnaires en colère contre Jospin

Par , le 19 avril 2001 à 09h59 , mis à jour le 18 avril 2001 à 18h36

Lionel Jospin semble avoir écarté tout accord avec les représentants des fonctionnaires sur la question de l'augmentation des salaires en 2000. Les syndicats sont déçus mais ne désarment pas.

préparation de manifestation fonctionnaires janvier 2001 © INTERNE

Les syndicats de fonctionnaires se déclarent au mieux, "très déçus", au pire, "choqués" ou "effarés" au lendemain de l'intervention télévisée du Premier ministre. Lionel Jospin a en effet donné un coup d'arrêt aux espoirs des représentants de la Fonction Publique en déclarant qu'il n'était "pas sûr, à ce stade, compte tenu des revendications qui sont formulées, qu'il puisse y avoir un accord" avec les fonctionnaires.

"C'est invraisemblable, a déclaré Yves Missaire de la CFTC à tf1.fr. D'un côté le gouvernement prône le dialogue, et là, il semble mettre un point final et rejeter toute négociation. Depuis que je suis syndicaliste, je n'ai jamais vu ça". Après trois manifestations successives les 18, 30 janvier et 22 mars, les négociations étaient au point mort. "Le Premier ministre semble avoir fait une croix sur le maintien du pouvoir d'achat des fonctionnaires", a regretté Bernard Lhubert de la CGT auprès de tf1.fr

Au cœur du litige, l'augmentation des salaires des fonctionnaires en 2000. Le ministre de la Fonction Publique a proposé une augmentation de 0,5%. Mais les syndicats estiment que le compte n'y est pas car l'inflation a été de 1,6% l'an dernier. Pour un simple maintien du pouvoir d'achat des quelque 5,7 millions de fonctionnaires, les organisations syndicales réclament un nouvel effort de 1,1%. Le gouvernement n'accepte pas ce calcul arguant que le précédent accord salarial pour les années 1998-99 avait été avantageux, l'inflation ayant été moins forte que prévue. (cf tableau ci-dessous) Dès lors, les syndicats s'attendent à une décision unilatérale et à un décret fixant les augmentations salariales à 1,2% pour les années 2001 et 2002. Une "erreur de plus" estime la CFDT.

En attendant le passage aux 35 heures

Le Premier ministre a toutefois indiqué que les bas salaires feraient l'objet d'un traitement particulier. Le salaire de base de la Fonction publique est légèrement inférieur au Smic. "Mais même cette mesure n'est pas nouvelle et pas satisfaisante car si le Smic augmente de plus de 3% au 1er juillet, il est difficilement imaginable que ce que l'Etat fait pour les salariés du privé, il ne le fasse pas pour ses propres employés", estime Yves Missaire.

La question des salaires n'est pourtant pas le seul dossier à occuper le personnel de la Fonction publique. "Nous venons de prendre connaissance de la lettre de cadrage envoyée par Lionel Jospin à ses ministres la semaine dernière. On peut y lire notamment que le passage aux 35 heures est prévu sans embauches supplémentaires", s'insurge Bernard Lhubert. Se posera également la question des retraites, "quand le gouvernement voudra bien l'aborder", poursuit ce dernier.

Evolution comparée des prix et des rémunérations publiques sur dix ans

Année

Inflation

Hausse des salaires

1999

1,2%

1,7%

1998

0,3%

1,3%

1997

1,1%

1%

1996

1,5%

0

1995

2%

2,6%

1994

1,3%

2,3%

1993

1,8%

1,7%

1992

1,8%

2,7%

1991

3,1%

2%

1990

3,4%

2,5%

Par Sophie Lutrand le 19 avril 2001 à 09:59
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience