Les Français boivent moins mais font boire leurs voisins

Par D.S. , le 14 avril 2001 à 07h00 , mis à jour le 13 avril 2001 à 19h18

En quarante ans, les Français et les Italiens, traditionnellement gros amateurs de vin, ont diminué de moitié leur consommation, alors que Britanniques, Belges, Danois et Néerlandais sont de plus en plus nombreux à sacrifier au plaisir de la vigne.

vin vins viticulteur cave futs © INTERNE


- AFP
"Les Français qui buvaient en moyenne 100 litres de vin par an et par personne dans les années 60, n'en consomment plus que 55 litres", explique Christian Melani de l'Office national interprofessionnel des vins (Onivins), commentant une étude réalisée avec l'Inra. "Si dans les années 60, la tradition en France, comme en Italie, au Portugal ou en Espagne était de boire du vin à chaque repas, aujourd'hui la tendance est à le déguster pour des occasions particulières, d'autant que les repas sont de moins en moins pris en commun", souligne Françoise Brugière, chef de la division des études et marchés de l'Onivins.

Globalement, les pays à forte tradition viticole, la France, l'Italie et l'Espagne, connaissent une rythme de décroissance de consommation identique. Ainsi, les Italiens sont passés en 25 ans de 108 litres à 54 litres. En revanche, des nations comme les Pays-Bas, le Danemark et le Royaume-Uni ont plus que doublé leur consommation dans le même temps (de 12 à 29 litres pour les Danois par exemple).

Six pays représentent 61% de la consommation mondiale

Six pays (la France, l'Italie, les Etats-Unis, l'Allemagne, l'Espagne et l'Argentine) représentent 61% de la consommation mondiale de vin. Caracolant en tête, la France et l'Italie dégustent à elles seules 30% des 10 millions d'hectolitres bus chaque année. Il faut toutefois tenir compte de l'élément démographique: un Américain n'absorbe que 8 litres par an.


Sur les bords de la Garonne - AFP
Selon Mme Brugière, "dans tous les pays où il existe une dominante de consommation, que ce soit la bière, le vin ou les spiritueux, cette dominante tend à diminuer". Ainsi, chez les amateurs de bière, comme la Belgique, le Danemark ou la Grande-Bretagne, la part de cette boisson dans la consommation générale s'amenuise au profit du vin.

"Cette évolution dépend également du niveau de vie, le vin étant plus cher que la bière, on accède d'abord à la bière avant de passer au vin", constate Mme Brugière. En France, si l'on boit moins de vin, les amateurs privilégient aujourd'hui la qualité en s'offrant plus de vins d'appellation au détriment des vins de table. Reste que le commerce mondial du vin s'intensifie: 65 millions d'hectolitres sont aujourd'hui échangés chaque année contre 50 millions au début des années 80.

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