Japon, sur le fil de la récession

Par D.S , le 17 avril 2001 à 11h31 , mis à jour le 17 avril 2001 à 12h07

« Pause, reprise graduelle, ajustement », le verbiage de la Banque du Japon ne trompe pas : l’économie nippone va mal. Un ministre du gouvernement a même admis récemment la possibilité d’une "récession". Des annonces dont se soucient peu les marchés, déjà au fait de cette sombre situation.

bourse .image prétexte © INTERNE

En février, la Banque du Japon parlait de "reprise graduelle" de l’économie nationale. En mars, cette reprise "marquait une pause". Aujourd’hui, l’institution indique que l’économie est entrée dans une "phase d’ajustement" caractérisée par un essoufflement de la production industrielle. "Les exportations chutent rapidement en raison du ralentissement brutal des économies américaine et asiatique alors que la demande intérieure reste stable ", explique le rapport de la Banque, omettant dans son analyse les problèmes structurels persistants du système japonais.

Au sein du gouvernement démissionnaire, on prend moins de précautions oratoires. Pour la première fois depuis cinq ans, le ministre de l'Economie, candidat au poste de Premier ministre, a reconnu un affaiblissement de l’économie. Il a même admis la possibilité d’une récession de la deuxième économie mondiale dans les mois à venir.

Les marchés n'ont pas réagi

Malgré un taux de chômage sous les 5% et des excédents commerciaux enviables, le nombre des faillites ne trompe pas sur la santé du système nippon. Avec 19 000 dépôts de bilan (+12,1%), l’année 2000 a battu tous les records et les analystes ne sont pas beaucoup plus optimistes pour l’année en cours.

Du côté des marchés, ces annonces sont si peu surprenantes que les indicateurs n’ont pas daigné réagir à ce tableau plutôt noir. Ces deux derniers jours, Tokyo a clôturé en légère baisse (La Bourse sur tf1.fr en cliquant ici). Le marché des changes n’a pas non plus beaucoup réagi, le yen restant stable autour des 124 yens pour un dollar.

Les quatre candidats au poste de Premier ministre s’accordent à dire qu’un plan de relance s’impose. Un plan de plus dans ce pays où l’Etat a déjà injecté 1100 milliards d’euros dans son économie ces dix dernières années.

Par D.S le 17 avril 2001 à 11:31
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