Manger la banane par les deux bouts

Par , le 12 avril 2001 à 17h19 , mis à jour le 11 avril 2001 à 18h16

Le conflit commercial sur la banane empoisonnait les relations entre les Etats-Unis et l'Union européenne depuis huit ans. Les deux sont parvenus à un accord et les Etats-Unis devraient suspendre leurs sanctions qui pénalisent les produits européens à hauteur de 1,4 milliard de francs dès le 1er juillet.

banane fruits alimentation consommation economie © INTERNE

Le conflit de la banane qui empoisonne les relations commerciales entre les Etats-Unis et l'Union européenne semble avoir été résolu par téléphone dans la nuit de mardi à mercredi. Le commissaire européen au commerce international, Pascal Lamy a annoncé hier être parvenu à un accord avec son homologue américain, Robert Zoellick.

Le litige remonte à 1993, année de mise en place du marché intérieur au sein de l'Union. Depuis, les grandes multinationales américaines avaient dénoncé la discrimination dont elles s'estimaient être victimes. L'Union européenne applique en effet un système de quotas d'importations de bananes en provenance des productions de l'UE (Outre-mer français et archipel espagnol des Canaries essentiellement) et de celles des pays de la zone Afrique, Caraïbes, Pacifique (ACP).

Des mesures de rétorsion à hauteur de 191 millions de dollars

Si le système prévu par le nouvel accord n'est pas appliqué au 1er janvier prochain, les Etats-Unis réimposeront leurs mesures de sanction.

L'accord prévoit une nouvelle répartition des quotas d'importations entre les pays producteurs. Le montant des importations en provenance des ACP sera réduit de 100 000 tonnes sur les 850 000 tonnes actuelles mais elles continueront de bénéficier d'une préférence tarifaire de 300 euros par tonne jusqu'en 2006. Une partie du nouveau régime d'importation des bananes entrera en vigueur au 1er juillet prochain date à laquelle les Etats-Unis se sont engagés à suspendre les sanctions qu'ils imposent sur certains produits européens depuis 1999 pour une valeur de 191 millions de dollars (environ 1,4 milliard de francs). Le montant de ces sanctions avait été accepté par l'Organisation mondiale du commerce (OMC), qui, à plusieurs reprises, avait jugé que le régime en vigueur dans l'UE était effectivement discriminatoire et ne respectait pas les règles internationales du commerce.

Les Etats-Unis semblaient toutefois parer à toute éventualité mardi soir en prévenant que si le système prévu par le nouvel accord n'était pas appliqué au 1er janvier prochain, ils réimposeraient leurs mesures de sanction. De telles mesures de rétorsion ont été également mises en place par les Etats-Unis dans le conflit qui les oppose à l'Union européenne au sujet du bœuf aux hormones. Elles touchent notamment les exportations de foie gras, de Roquefort, de truffes depuis août 1999.

Par Sophie Lutrand le 12 avril 2001 à 17:19
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