© AFPAprès dix jours de silence, le PDG du groupe Danone s'est enfin décidé à prendre la parole pour défendre son plan de restructuration, qui prévoit la suppression de 1.780 emplois en Europe, dont 570 en France. Mardi matin, dans une interview accordée au Figaro, il demande que l'on arrête de "taper" sur son groupe, "un champion national", et s'offusque de "l'amalgame totalement infondé" qui est fait entre Marks & Spencer et Danone.
Boycott = appel au suicide
Condamné tout au long de l'interview, le boycott annoncé des produits du groupe : pour Franck Riboud, "Le boycott est un appel au suicide. A qui sert-il ? Aux grandes entreprises étrangères". En outre, il est pour le PDG, fondé sur un raisonnement fallacieux : "Certains ont voulu faire de Danone un symbole, celui d'une économie mondialisée soumise aux seuls diktats des actionnaires. Nous sommes devenus les boucs émissaires d'un combat politique". Tout ça, alors que pour son PDG, Danone est un peu le "Zidane" de l'économie française : "la France a besoin de champions industriels, sinon elle ne sera plus que le terrain de manœuvre des groupes multinationaux".
Ne pas attendre les pertes
Riboud ne manque pas de justifier son plan de restructuration : "La compétition est aujourd'hui mondiale", explique-t-il. "On ne peut assurer l'avenir d'une entreprise qu'en la maintenant au niveau des meilleures", et il ne faut pas "attendre de faire des pertes pour prendre des décisions difficiles". Il n'omet pas non plus de rappeler que Danone est une entreprise sociale : "Je continue à avoir la naïveté de penser qu'on peut diriger une entreprise en respectant les hommes qui y travaillent. Tant que je serai là, ce groupe continuera à travailler dans sa culture, celle du double projet social et économique".
Ainsi, son groupe, qui a "appliqué "les 35 h avant que la loi définitive soit promulguée", s'engage "à ne pas délocaliser, à ne pas transférer les produits d'un pays à un autre, à ne pas sous-traiter. Nous nous sommes engagés à proposer au moins trois emplois à chaque salarié concerné par une suppression d'emploi - un à l'intérieur du groupe en France et deux à l'extérieur dans son bassin d'emploi -, à mettre en place un comité de suivi pour vérifier que les engagements pris soient respectés dans la durée. Nous nous sommes engagés à réindustrialiser les sites concernés par des fermetures". Reste à voir si le message passera.
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