La téléphonie mobile s’enrhume

Par , le 20 avril 2001 à 16h51 , mis à jour le 30 juin 2004 à 20h05

La crise de la téléphonie mobile se poursuit. Largement déficitaire, le Suédois Ericsson a annoncé vendredi un plan de licenciement de 12 000 personnes. De son côté, Nokia, le numéro un mondial, bien que bénéficiaire, revoit ses objectifs pour 2001 à la baisse.

portables pretexte © INTERNE

L’essoufflement du marché de la téléphonie mobile se confirme. La semaine dernière, Motorola, le deuxième constructeur mondial, déficitaire pour la première fois depuis quinze ans, n’y était pas allé de main morte : la firme américaine avait annoncé son intention de supprimer 22 000 emplois. Cette salve de licenciements suivait celle des équipementiers européens, notamment Siemens (2 000 emplois), Alcatel (1 100) et Marconi (3 000).

Vendredi, les observateurs attendaient avec inquiétude la publication des chiffres d’Ericsson pour le premier trimestre. Et ils avaient raison. Avec une régression de son résultat courant imposable


Ericsson en net recul-
d’environ 440 millions de francs, le constructeur suédois enregistre un recul de 89 % ! Tous les autres indicateurs, notamment le chiffre d’affaires, sont également dans le rouge. Conséquence : le PDG, Kurt Hellstroëm, veut faire des coupes sombres dans son effectif avec 12 000 suppressions d'emplois dans le monde (dont la moitié en Suède), portant à 19 000 le nombre de licenciements envisagés depuis le début de l'année. Les effectifs français (1 300 personnes) seront-ils touchés ? "On peut le penser. Il ne faut pas se cacher le fait. Mais il est trop tôt pour donner une réponse" souligne la direction française.

Nokia prône la prudence


Nokia très prudent-

Et même Nokia, le champion du monde du portable, est touché et pense supprimer 400 postes dans l’activité "bande large" de sa branche réseaux. Le géant finlandais est pourtant bénéficiaire au 1er trimestre avec une progression de 10 % de son résultat courant, à 9,7 milliards de francs. Le chiffre a beau aller "au-delà" des estimations, Jorma Ollila se montre très prudent pour le reste de l’année. Il a ainsi révisé à la baisse ses prévisions de résultats pour l'exercice 2001.

Pourquoi une telle chute du marché, que Kurt Hellstroëm avait d’ailleurs anticipé dès le mois dernier en envisageant une division par deux de la croissance en 2001  ? Plusieurs facteurs, parfois interdépendants, contribuent à ce marasme. Les télécommunications, devenues avec l’informatique depuis dix ans l’un des principaux postes d'investissement des entreprises, ont été plus frappées que d'autres par le ralentissement de l'économie américaine.

Les équipementiers, béats devant l'explosion de leurs ventes ces dernières années, ont ainsi mal anticipé la saturation progressive du marché des téléphones mobiles. Sa croissance ne devrait pas dépasser 10% cette année avec des prévisions d'environ 450 millions de terminaux vendus. Les constructeurs doivent écouler une montagne de stocks, au moment où le retard de développement des nouvelles technologies GPRS/UMTS n'incite pas les clients à renouveler tout de suite leurs portables. Ces mauvaises nouvelles pourraient néanmoins faire des heureux : les consommateurs, qui peuvent ainsi espérer une baisse des prix dans les mois à venir.

Retrouvez toute la bourse et l'analyse de la séance à Paris sur tf1.fr

Par Fabrice Aubert le 20 avril 2001 à 16:51
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