Consommation : trop optimistes, les Français ?

Par , le 10 mai 2001 à 11h37 , mis à jour le 10 mai 2001 à 12h09

Ils achètent sans emprunter et, au surplus, ils épargnent ! Mais qu’est-ce qui pousse les Français à jouer les cigales alors que le reste de l’Europe, l’Allemagne et l’Italie en premier, ont un coup de blues ? Combien de temps cette situation inédite peut-elle durer ?

[Expiré] [Expiré] Vin viticulteur vendeur AFP © AFP

tf1.fr : Habillement, auto, ameublement, les Français ont consommé tous azimuts au premier trimestre, alors que leurs voisins européens, en particulier allemands et italiens, sont devenus beaucoup plus frileux. En tant que directeur du département de la consommation au Credoc (1), comment expliquez-vous cette exception française ?


De récents licenciements ont
un effet limité sur la consommation - DR
Jean-Pierre Loisel : En Europe, aucun pays n’a été touché aussi durement du point de vue psychologique que la France lors de la crise économique de la fin des années 80. Le repli sur soi des Français a été très important. Quand l’économie est sortie du rouge vers 1995, l’optimisme a été tout aussi fort. Cet effet boomerang continue aujourd’hui malgré quelques signes d’essoufflement.

tf1.fr : Si les consommateurs sont si sensibles sur le plan psychologique, les récents licenciements devraient avoir une résonance très forte chez eux ?

J.-P. L. : Leur moral a diminué en avril selon les indicateurs mensuels de l’Insee (2), passant d’un indice 6 à un indice 0 - ce qui reste très bon. Est-ce lié aux plans sociaux ? Sans doute. Il est claire que les licenciements annoncés chez Danone, Valeo, etc ont donné un coup dans l’opinion. Mais les Français ont aussi les yeux rivés sur le chômage dont le taux diminue même si c’est plus lentement qu’il y a quelques mois. Surtout, les gens restent foncièrement optimistes sur leur situation personnelle. Leur déprime concerne la situation globale de la société. Disons qu’ils sont inquiets pour les malheureux dont l’emploi devient précaire.


Les Français achètent tous azimuts - DR
tf1.fr : Les Français continuent à consommer mais aussi à épargner (15,9% du revenu disponible en 2000, +0,6%). Ce qui est exceptionnel.

J.-P. L. : Oui, d’autant plus que le crédit à la consommation diminue ce qui signifie que les consommateurs n’empruntent pas pour faire leurs achats. Une des explications serait qu’ils se débarrassent de leurs économies avant le passage à l’euro. Mais on ne mesure pas bien ce phénomène.

tf1.fr : Combien de temps cela peut-il durer ?

J.-P. L. : Le modèle consommation – épargne - diminution du crédit – est inédit. Il ne durera pas éternellement, sauf si le niveau de vie devait se renforcer. Ce qui est peu probable. Hormis quelques revendications salariales dans certaines professions et la fin du gel des salaires pour quelques personnes concernées par les 35 heures, l’augmentation des revenus restera marginale. On peut donc penser que la consommation se tassera un peu en fin d’année.

Liens utiles

  1. Le Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de vie analyse et anticipe le comportement des individus dans leurs multiples dimensions : consommateurs, agents de l'entreprise, acteurs de la vie sociale.
  2. L'Institut national de la statistique et des études économiques collecte, produit et diffuse des informations sur l'économie et la société française.

TF1 n'est aucunement responsable du contenu des sites externes vers lesquels elle offre des liens

Par David Straus le 10 mai 2001 à 11:37
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience