© AFPToute cette pluie, ces ciels gris, ont plongé le Nord de la France dans la déprime. Les commerçants les premiers. Heureusement, quand la chaleur a pointé son nez en fin de semaine dernière, les caisses enregistreuses se sont remises à crépiter. Le temps d'une éclaircie. "Chez la femme, le retour du soleil a eu un effet direct sur les achats", se réjouit Karine Lintebaum, responsable d’un magasin Armand Thierry à Paris. "L’homme est moins impulsif. Il ne changera sa garde-robe qu’après deux ou trois jours de beau temps", explique cette connaisseuse du prêt-à-porter masculin. Un secteur particulièrement touché par la grisaille.
Dans le vêtement et la chaussure, certains ont perdu jusqu’à 25% de leur chiffre d’affaires au mois d’avril. Même les grands magasins ont souffert du blues des acheteurs. "Nous avons mis les vêtements les plus chauds en évidence ; quant aux parapluies, ils partaient tout seuls", estime Patrice Côma, manager adjoint du C&A à Nantes. Malgré cette petite consolation, ce responsable estime avoir perdu de 10 à 15% de son chiffre d'affaires le mois dernier. Certains ont même cassé les prix sur les collections printemps - été. Quant aux fournisseurs en gros et aux fabricants, ils craignent que ce retard dans le démarrage de la saison ait des répercussions sur le réassort et la production. 
Heureux, les vendeurs de parapluies - AFP
Seuls quelques-uns ont tiré leur épingle du jeu, comme les vendeurs de jeans (à nouveau à la mode) ou comme ce magasin Tati à Lille : "Les gens se laissent tenter même si le temps est maussade car nos prix sont très bas", explique une responsable de l’enseigne qui reconnaît toutefois "avoir ressenti la morosité ambiante".
Spécialiste de la consommation au Credoc (1), Jean-Pierre Loisel reconnaît que "le mauvais temps a un effet dépressif (difficilement quantifiable) sur les ventes de produits de loisir ou le textile". Globalement, pourtant, cet expert estime que les gens se reportent sur d’autres produits. Ce que confirme Jean-Laurent Rebours, directeur de Mr Bricolage à Auxerre : "Les dernières semaines ont été très mauvaises pour les rayons ‘jardin’ ou ‘bâti’ mais nous avons compensé dans les rayons 'décoration d’intérieur' et 'outillage'". Un privilège que n’ont pas les vendeurs spécialisés, dans le jardinage ou les ventes de barbecue par exemple.
La saison a très mal commencé
dans le textile - AFP
A en croire Jean-Pierre Loisel, tous les espoirs sont permis… si la météo le veut bien. "Je m’attends à une frénésie de consommation dès le retour du soleil qui permettra un rattrapage rapide du creux de consommation", prédit-il. Deux trois jours de beau temps semblent avoir confirmé cette prévision. "Les gens étaient dans les starting-blocks, commente Jean-Laurent Rebours, au premier rayon de soleil, il y a eu un engouement pour les produits d’extérieur". "Il reste un mois pour sauver la saison car, à la mi-juin déjà, il y aura un tassement des achats avant les soldes d’été", tempère Patrice Côma. Du soleil, vite !
- Le Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de vie analyse et anticipe le comportement des individus dans leurs multiples dimensions : consommateurs, agents de l'entreprise, acteurs de la vie sociale.
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