Environnement : Mea culpa et bonnes intentions

Par , le 18 mai 2001 à 07h00 , mis à jour le 17 mai 2001 à 19h11

S'ils reconnaissent la mauvaise application des mesures décidées jusqu'à présent, les membres de l'OCDE réunis à Paris ont conclu à la nécessité de prendre en compte les préoccupations environnementales dans leur gestion des économies, au risque de fâcher les Etats-Unis.

usine fumee (image prétexte)usine (image prétexte) © INTERNE

Le sommet parisien de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) s’est conclu, comme il se doit, par de bonnes résolutions. En chœur, les trente ministres de l’Economie se sont engagés ce jeudi à mettre en place des "stratégies de développement durable" avant le deuxième Sommet de la Terre, prévu en septembre 2002 en Afrique du Sud.

Conscients de "leur responsabilité particulière" et de "l’urgence du problème", les grands argentiers ont approuvé plusieurs recommandations favorisant le développement durable, conçu comme la réconciliation du développement économique, du progrès social et de l’écologie. Ainsi plaident-ils pour la fixation du prix des ressources naturelles en tenant compte de l'environnement et du social.

Des querelles en vue avec les Etats-Unis

De même, les marchés devraient-ils être davantage au service de la "conservation des ressources tout en réduisant le coût net des flux de déchets". Mieux encore, les ministres ont vanté les mérites "des systèmes de permis négociables, des écotaxes ainsi que de la suppression des programmes de soutien préjudiciables à  l'environnement dans l'agriculture, la pêche, les transports, l'énergie,  l'industrie manufacturière".

On peut pourtant douter de cette belle unanimité à l’issue de la conférence. Les participants n'ont-ils pas reconnu eux-mêmes le "décalage entre les mesures préconisées et celles effectivement mises en œuvre" ? Pourquoi cela changerait-il ? Très pragmatiquement, plusieurs ministres ont fait remarquer que les catastrophes naturelles entraînées par la pollution risquaient de coûter plus chères que les mesures préventives en faveur de l'environnement.

Plus préoccupant : le refus américain d’appliquer le protocole de Kyoto, qui vise à réduire les émissions des gaz à l’origine du réchauffement climatique. Washington juge cet accord trop coûteux à mettre en œuvre et injuste car n’imposant aucun quota chiffré pour les pays en voie de développement. Fustigeant l’attitude des Etats-Unis sur la question, le ministre français de l’Economie a soulevé une autre question gênante dans les relations économiques internationales. Laurent Fabius a en effet plaidé pour "l’intégration du développement durable dans les négociations commerciales" de l’Organisation mondiale du Commerce. De quoi alimenter les débats avec l’administration Bush.

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Le club des riches ?

Souvent qualifiée de club des pays riches, l’OCDE est un cénacle où 30 pays réfléchissent sur leurs politiques économiques et sociales. Parfois, leurs discussions débouchent sur des décisions contraignantes (libre circulation des capitaux et des services ou lutte contre la corruption). Le plus souvent, ces conférences se concluent par de bonnes résolutions que certains rechignent à appliquer dans les législations nationales
Club de riches ? Sans aucun doute : ses Membres produisent les deux tiers des biens et services du monde. Club privé ? Non, mais les conditions d’accès (économie de marché et démocratie pluraliste) écartent quelques candidats. Au noyau d’origine, constitué de pays d’Europe et d’Amérique du Nord, sont venus s’ajouter le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Finlande, le Mexique, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Corée.

Par David Straus le 18 mai 2001 à 07:00
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