© INTERNE"C'est très symbolique. Nous nous déplaçons là où la décision de fermer les magasins a été prise alors qu'aucun membre de la direction n'a souhaité s'adresser au personnel Marks & Spencer jusqu'à ce jour", explique Véronique Limousin, déléguée syndicale centrale (FO) chez Marks & Spencer, joint par tf1.fr. Aujourd'hui, plusieurs délégations de pays européens se retrouvent à Londres pour protester contre la fermeture de tous les magasins Marks & Spencer en dehors de territoire britannique soit 38 magasins dont 18 en France. Les deux principaux "bataillons" viennent de la France et de la Belgique où 650 et 750 personnes sont attendues, selon les estimations de la CGT commerce. L'Espagne et le Luxembourg doivent envoyer une petite délégation et les syndicats anglais devraient se joindre à la manifestation.
L'effet "inondés de la Somme" Tout comme les sinistrés de la baie de la Somme, les salariés de Marks & Spencer ont vu, au lendemain de l'annonce de la fermeture de leur magasin, débarquer des centaines de badauds venus se rendre compte de l'ampleur des dégâts. "Pendant les 4 semaines qui ont suivi l'annonce, nous avons enregistré une hausse de 40 à 50% des ventes", explique Alexandre Rubin, directeur adjoint du magasin Marks & Spencer boulevard Haussmann à Paris. Parmi cette recrudescence de clients : des curieux, des anxieux qui ont cru que M&S fermait du jour au lendemain et qui viennent faire des provisions de marmelade à l'orange, et "surtout, selon Alexandre Rubin, des personnes venues nous soutenir". |
Ceux qui restaient en France se sont joints symboliquement à la manifestation en faisant grève en début d'après-midi comme à Paris où les salariés étaient appelés à manifester devant le magasin du boulevard Haussmann à 10 heures par la CFTC et à 12 heures par l'intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CGC, Sycopa et CSL). Les 17 autres magasins ont organisé des mouvements similaires.
Autour de 400 salariés des magasins français étaient attendus à Londres. "Au départ, nous pensions venir plus nombreux mais c'était avant de connaître le prix d'un aller-retour Paris Londres en Eurostar", explique Véronique Limousin. A raison de 800 francs par personne, les participants auraient été encore moins nombreux sans l'aide du fonds de solidarité qui a permis de récolter, après 15 jours d'existence, 120 000 francs. Des urnes avaient été installées dans les magasins. Plusieurs mairies ont apporté leur soutien à ce fonds. La mairie du 9ème arrondissement a dégagé 50 000 francs, celle de Marseille prend en charge le coût de déplacement de 16 salariés et à Nice, c'est un industriel, "type Tapie", selon Véronique Limousin, qui leur a offert 10 000 francs. On connaissait Vilvoorde et la mobilisation des salariés de l'automobile mais dans le secteur du commerce, c'est sans doute une des premières manifestations de ce type.
Le plan social annoncé le 29 mars se traduira par la fermeture de 38 magasins au 31 décembre 2001 et au licenciement de 4390 personnes (dont 1700 en France). Pour le moment, les salariés attendent les conclusions du cabinet Anadex qui doit évaluer les comptes et la situation des magasins français depuis cinq ans et les confronter à ceux présentés par la direction. Cette expertise pourrait durer une bonne partie de l'été.
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