La FNSEA change de tête mais pas de style

Par , le 18 mai 2001 à 18h28 , mis à jour le 17 mai 2001 à 19h14

Exit Luc Guyau. Après dix ans à la tête du principal syndicat agricole, il laisse la main à Jean-Michel Lemétayer, "un vieux de la vieille" de la FNSEA. De nombreux chantiers l'attendent mais il le dit lui-même, il n'apprécie guère la précipitation.

lemétayer Guyau fnsea agriculture © INTERNE

Un Breton succède à un Vendéen. Jean-Michel Lemétayer a été élu hier président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles). De son côté, Luc Guyau, qui a présidé le syndicat agricole majoritaire, pendant près d'une décennie, a pris la tête de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA).

La présidence de Luc Guyau avait été marquée par l'émergence de la crise de la vache folle, la dénonciation d'un "productivisme à tout va" et par la fin de la situation monopolistique de la FNSEA. En effet, le principal syndicat agricole avait été habitué à plus d'égards de la part des gouvernements précédents. A son arrivée à la rue de Varenne, le ministre de l'agriculture Jean Glavany avait mis fin au système de la "cogestion" qui faisait de la FNSEA le seul interlocuteur des pouvoirs publics. Place au pluralisme et à l'arrivée d'un trouble-fête qui devait à plusieurs reprises hérisser les anciens caciques : José Bové.

Redorer l'image de la FNSEA


Jean-Michel Lemétayer (à gauche) et
Luc Guyau (à droite)-

Depuis, les relations avec Jean Glavany n'avaient cessé de se dégrader. Les deux hommes s'invectivant à mots à peine couverts, par voie de lettres. "Il faut sortir de cette situation", a déclaré Jean-Michel Lemétayer. "Je souhaite que l'on reparte du bon pied".

Sur le fond, plusieurs dossiers brûlants attendent le nouveau patron de la FNSEA : la crise bovine qui n'en finit pas mais il faudra aussi "redorer l'image" d'un syndicat qui, ces derniers temps, semblait défendre une certaine idée de l'agriculture productiviste et arrogante qui ne séduit plus ni les pouvoirs publics ni les consommateurs. "Je ne nie pas que la confiance des consommateurs a été ébranlée et qu'il y a sans doute eu des succès", a admis J.M Lemétayer dans une interview accordée aux Echos. Mieux communiquer sera sa première priorité.

Autre grand chantier, la réforme de la politique agricole commune au niveau européen. "On n'échappera pas à un débat sur les aides directes", explique celui qui a présidé la FNPL (producteurs de lait) depuis 1994. Il veut redonner une dynamique à la FNSEA. Pour la Confédération paysanne, c'est "la poursuite de la même politique". Candidat unique à la présidence de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer est un proche de Luc Guyau qu'il a pu côtoyer au cours de leurs 25 années de syndicalisme communes.

Par Sophie Lutrand le 18 mai 2001 à 18:28
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