La France contaminée par le ralentissement économique ?

Par , le 24 mai 2001 à 12h00 , mis à jour le 23 mai 2001 à 17h17

La publication par l’Insee des mauvais résultats de la croissance française au premier trimestre (+0,5%) a surpris les analystes qui tablaient sur une augmentation de 0,7% au moins. Le salut de l’économie française repose sur la consommation des ménages.

vignette conjoncture © INTERNE

Jamais depuis fin 1998 la croissance française n’a été aussi basse que ce premier trimestre 2001. A 0,5%, la hausse du produit intérieur brut (PIB) français est à peine supérieure à celle de l’Allemagne sur la même période (+0,4%), pays que l’on dit pourtant plus affecté que l'Hexagone par le ralentissement mondial. De nombreux analystes, l’Insee en tête, tablaient pourtant sur une croissance entre 0,6% et 0,8%.

Sans surprise, les exportations, affectées par la mauvaise santé de l’économie mondiale, ont diminué (-0,6%). Plus inquiétant, l’investissement, celui des entreprises surtout, a fortement ralenti sur cette période (+0,7% après +2,3% au trimestre précédent). De même, la production manufacturière s'est essoufflée au premier trimestre (+0,5% après +1,6%).

Tant que le pouvoir d'achat se maintiendra...

Heureusement, les ménages sont là pour doper la croissance. Comme on l'espérait, leur consommation s'est nettement accélérée entre janvier et mars, avec une hausse de 1,3%, contre 0,1% au 4e trimestre 2000. Que penser alors des mauvais chiffres de la consommation publiés hier par l’Insee (-0,8% sur les produits manufacturés) ? Faiblesse ponctuelle due au mauvais temps, répondent de nombreux analystes, persuadés que les ménages restent le principal moteur de la croissance française.

Tout semble aller dans ce sens. Le coût de la vie n’augmente que raisonnablement et le pouvoir d’achat paraît solide. Les salaires ont augmenté de 2,4% en un an, le chômage est toujours en baisse, les salariés les plus mal payés devraient bientôt bénéficier de la première prime pour l’emploi et, à l’approche de l’euro, de nombreux épargnants devraient préférer consommer plutôt que déclarer leur bas de laine. Sur papier, tout va bien.

A lire :

Par David Straus le 24 mai 2001 à 12:00
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