Le José Bové de la mer poursuit l'armateur de l'Erika

Par D.S. , le 01 juin 2001 à 15h51 , mis à jour le 31 mai 2001 à 16h12

A la tête de la Confédération maritime, Alain Malardé a traduit en justice l’armateur présumé du pétrolier Erika, naufragé en décembre 1999 au large de la Bretagne. Cet instructeur maritime a également déposé deux plaintes contre X afin que paient les responsables de cette catastrophe écologique.

Erika pétrolier naufrage vue aérienne © INTERNE

On l’appelle le José Bové de la mer. Et il assume cette comparaison. A la tête de la Confédération maritime, Alain Malardé s'est engagé dans une bataille juridique contre tous ceux qui, selon lui, ont une responsabilité dans le naufrage de l'Erika. Un an et demi après le naufrage du pétrolier au large des côtes bretonnes, cet instructeur maritime de 52 ans est parvenu à amener devant les juges l’armateur présumé du bateau maltais, la société Tevere Shipping.

L’affaire, examinée jeudi devant le tribunal de commerce de Nantes, est assez technique. En principe, l’armateur aurait dû consigner sur le territoire français une somme d’environ 84.250.000 francs avant de croiser au large des côtes françaises. Mais le syndicat des professionnels de la mer le soupçonne de n’avoir pas respecté cette obligation. "Il s'est borné à présenter une lettre de garantie de sa propre compagnie d'assurances, ce qui est insuffisant", accuse Maître Emmanuel Ludot, l’avocat de la Confédération. Admettons que cette somme soit consignée, et qu'elle le soit en France, dit en substance la Confédération, il faut alors qu’elle reste sur le territoire pour indemniser les victimes du naufrage.

Deux autres plaintes en cours d'instruction

Les accusations d’Alain Malardé ne s’arrêtent pas là. Selon lui, Tevere Shipping, une société de droit maltais à la structure juridique complexe, "ne serait qu'un intermédiaire", et l'Erika appartiendrait en fait "à la filiale d'une banque écossaise, la Bank of Scotland". Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 28 juin.

Outre cette affaire, le José Bové de la mer a déjà déposé deux plaintes contre X avec constitution de partie civile. L'une pour "escroquerie et abus de confiance", vise clairement le groupe pétrolier TotalFinaElf. La deuxième, pour "faux et usage de faux, tromperie et escroquerie", est dirigée contre la SARL ECHO (Erika Claims Handling Office), qui exploite le bureau des demandes d'indemnisation de Lorient (Morbihan) et dont le "gérant de fait" est Merri Jacquemin, pourtant "interdit de commerce par ses fonctions de courtier juré", accuse Alain Malardé.

Par D.S. le 01 juin 2001 à 15:51
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience