Les manchots financeront les expos

Par , le 12 mai 2001 à 18h05 , mis à jour le 11 mai 2001 à 18h47

Après les recettes de l'UMTS qui iront aux retraites, les casinos pourraient, bien malgré eux, financer la politique d'achat d'œuvres par les musées. Les députés viennent de voter un projet de loi instaurant une nouvelle taxe sur les casinos, au grand déplaisir de ces derniers.

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Les plus grands groupes de casinos de France n'ont guère apprécié l'initiative des députés. Ces derniers ont voté dans la nuit de jeudi à vendredi en première lecture le projet de loi sur les musées qui prévoit d'instaurer une nouvelle taxe sur les casinos au profit des musées. Cet amendement n'est pas du goût du gouvernement mais les arguments de la ministre de la culture, Catherine Tasca, n'ont pas convaincu les députés de droite et de gauche qui l'ont voté.

"Aujourd'hui, le prélèvement moyen sur le produit des jeux en France est de l'ordre de 54 %", Hubert Benhamou.

Cette nouvelle ponction s'élèverait à 1% du chiffre d'affaires des casinos français afin de financer l'achat de "trésors nationaux" au profit des musées. "C'est un peu fou. J'ai l'impression que des députés proposent des choses qui leur paraissent logiques sauf qu'ils ne savent pas, ne veulent pas savoir ou ne se rendent pas compte de l'état actuel de l'imposition des casinos français", a déclaré Hubert Benhamou, président du directoire du groupe Partouche, premier groupe de casinos en France.

"Aujourd'hui, le prélèvement moyen sur le produit des jeux en France est de l'ordre de 54 %. En Europe, c'est une moyenne autour de 30 %. Et à Las Vegas, présenté comme la Mecque mondiale des jeux, c'est 8 %", a-t-il ajouté. "L'année prochaine, on va peut-être trouver encore un secteur à subventionner et ensuite les casinos devront être gérés par l'Etat parce qu'il n'y aura plus une entreprise privée pour le faire", a-t-il dit. Pour leur part, le groupe Lucien Barrière, deuxième groupe de casinos de France avec 2,2 milliards de francs (0,34 milliards d'euros) de chiffre d'affaires, et l'Européenne de Casinos, numéro un en nombre d'établissements, se refusent à réagir officiellement puisque le texte n'a franchi que la première lecture à l'Assemblée nationale. Mais la direction de Lucien Barrière rappelle que le groupe verse 1,26 milliard de francs (0,19 milliard d'euros), soit plus de la moitié de son produit brut de jeux à l'Etat, "avant même les impôts et taxes de droit commun".

Selon le rapporteur du projet de loi, le député PS Alfred Recours, cette taxe aurait un rendement potentiel de 600 millions de francs, multipliant par 5 le montant des crédits budgétaires actuels pour l'achat d'œuvre.

Par Sophie Lutrand le 12 mai 2001 à 18:05
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