Un retraité sur quatre a été exposé à l'amiante

Par , le 16 mai 2001 à 17h58 , mis à jour le 15 mai 2001 à 18h44

Le rapport publié hier par l'Institut naional de veille sanitaire fait froid dans le dos. Selon une étude réalisée sur 6000 retraités, plus d'un quart d'entre eux ont été exposés à l'amiante. Mais faute d'information et de dépistage, la plupart n'est pas au courant.

Après l'amiante, les éthers de glycol ? © INTERNE

Plus d'un retraité sur quatre a été exposé à l'amiante. Rien qu'autour de nous, la liste peut être longue. Selon une étude de l'Institut national de veille sanitaire (InVs) publiée hier, 27,7% des retraités ayant quitté la vie professionnelle entre 1994 et 1996 ont été exposés et ce, pendant une durée moyenne de 14 ans. Pour 30% des retraités interrogés dans cette enquête, l'exposition a même duré plus de 20 ans.

Aujourd'hui 2000 personnes meurent chaque année d'un cancer lié à une exposition à l'amiante. Ce chiffre pourrait doubler voire tripler dans les 30 années à venir. En effet, "les cancers de la plèvre (une partie des poumons) se développent 20 ou 30 ans après l'exposition", explique Josiane Steinmetz, biologiste à Nancy et l'un des auteurs de "l'Enquête pilote Espaces".

Le dépistage permet la reconnaissance comme maladie professionnelle

Or, la plupart des personnes concernées ne savent pas qu'elles ont été exposées pendant leur activité professionnelle. Grâce à l'étude qui a été testée dans six caisses primaires d'assurance maladie (CPAM), le nombre de personnes prises en charge dans le cadre d'un suivi post-professionnel a été multiplié par 17. "Si l'on prend l'exemple des dockers du nord de la France qui, pendant des années ont transporté de l'amiante dans des sacs de toile, eux, savent depuis longtemps les risques auxquels ils ont été exposés. Dans les années à venir, on s'attend à voir arriver des personnes qui étaient exposées sans le savoir", note Josiane Steinmetz. Les ouvriers du BTP mais aussi de la métallurgie, les garagistes (plaquettes de frein en amiante) et nombre d'autres professions ont été en contact avec cette substance cancérigène sans le savoir.

Un "dépistage automatique" auprès des retraités permettrait, comme cela a été le cas dans les CPAM tests, de mieux prendre en charge les personnes potentiellement concernées. Malheureusement, prise en charge à temps ou pas, on ne guérit pas de ce type de cancer pour le moment, au mieux il évolue lentement. En revanche, un suivi post-professionnel permet de reconnaître le cancer comme maladie professionnelle et donne droit aux familles à des indemnités.

Enquête de l'InVs : Identification et suivi médical post-professionnel des salariés retraités ayant été exposés à l'amiante 

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Par Sophie Lutrand le 16 mai 2001 à 17:58
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