© INTERNEL'Allemagne a franchi un cap symbolique et décisif hier. Le Bundesrat a voté la réforme du système des retraites présenté par Gerhard Schröder qui introduit la retraite par "capitalisation" dans le pays qui avait inventé le régime par "répartition" sous la gouverne du prince Bismarck. Elle franchit un cap et se démarque de la France qui elle, a repoussé à l'après élection toute réforme de son système de retraites. Lionel Jospin a réaffirmé son attachement au principe de la "répartition" et à la retraite à 60 ans.
Tableau comparatif de la situation de la France et de l'Allemagne face à la question des retraites.
FRANCE | ALLEMAGNE | |
En 2040 | 1 retraité pour 1,4 actif | 1 retraité pour 2 actifs |
Cotisations vieillesses |
| 19,1% |
Départ à la retraite | 60 ans | 65 ans |
Le principe de la réforme allemande vise à réduire progressivement les prestations du régime général grâce à l'instauration d'un complément par capitalisation. Concrètement, les cotisations salariales vont être plafonnées et les Allemands auront la possibilité dès le 1er janvier 2002 d'économiser 1% de leur revenu brut par an. L'Etat et le Land inciteront cette forme d'épargne grâce à une prime (300 marks par adulte et 360 marks par enfant). Ils y seront de toute façon incitées puisque leur retraite passera progressivement de 70,7% de leur salaire à 67,9% d'ici à 2030. A nombre d'années de cotisations égales, ils percevront donc moins. L'aide à la capitalisation représentera un effort budgétaire de l'ordre de 22 milliards de marks à horizon 2008 soit 0,5% du PIB allemand.
En France, le Parlement s'est penché hier sur le statut du fonds de réserve des retraites instauré en 1999 pour parer aux problèmes de financement du régime général des retraites. Ce fonds devrait devenir autonomne et prendre la forme d'un établissement public à caractère administratif. Le problème des retraites se posera avec autant, sinon plus, d'acuité en France. Le déficit des caisses de retraite est évalué à 600 milliards de francs à horizon 2040 et pour y remédier, il faudrait soit augmenter les cotisations de 50% soit réduire les prestations de moitié. La France a fait le choix pour l'instant de créer un fonds qui, d'ici à 2020, devrait être doté de 1000 milliards de francs. Elisabeth Guigou a d'ailleurs jugé hier qu'il pourrait atteindre 1180 milliards de francs. Cette année encore, le gouvernement français a réaffirmé son attachement au régime par répartition et rejeté l'introduction d'un système par capitalisation. Au contraire de l'Allemagne.
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