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Amiante : les Chantiers reconnus coupables

David Straus par
le 21 juin 2001 à 10h32
Temps de lecture
3min
Chantiers navals atlantique bateau (LCI)

Crédits : INTERNE

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EconomieLe Tribunal des Affaires de sécurité sociale de Nantes a reconnu ce matin la "faute inexcusable" des Chantiers de l'Atlantique (Alstom) dans trois dossiers de victimes de l'amiante, ouvrant la voie à d'innombrables procédures.

Celui-ci est mort, ses deux collègues n’ont que peu de chance de survivre au cancer qui les terrasse, simplement parce qu’ils ont exercé leur boulot sur les bateaux en construction des Chantiers navals de l’Atlantique. "Faute inexcusable de l’employeur" a décidé ce matin le tribunal des affaires de sécurité sociale de Nantes. Faute inexcusable de cette filiale d’Alstom qui, entre 1960 et 1980, a laissé travailler ces hommes et des milliers d’autres au contact de l’amiante, alors que "le risque était connu, archi-connu" selon les avocats des victimes.


DR 

Les deux retraités malades et la veuve du troisième ont obtenu ce matin des juges le doublement de leur rente ainsi que des indemnités au titre du pretium doloris, le prix de leur souffrance et de l'atteinte à la qualité de leur vie. Piètre consolation, faisait remarquer Me Ledoux peu avant le jugement car "le plus tragique, c'est qu'il n'y a plus rien à faire". "On ne sait pas soigner ces maladies, alors il ne reste plus aujourd'hui qu'à compter les malades et les morts", déplorait l’avocat des victimes.
 
1500 salariés victimes de l'amiante

Des victimes, il y en a et il y en aura encore. De 1972 à aujourd'hui, quelque 1500 salariés des Chantiers de l'Atlantique ont été dépistés et reconnus en maladie professionnelle. L’année dernière, 126 cas ont encore été recensés, selon l'Association départementale de défense des victimes de l'amiante (Addeva). Autant de procès potentiels. "Un minimum de 400 à 700 procédures sont à venir ", rien que pour les chantiers de Loire-Atlantique, "l'un des épicentres de la contamination" en France, à en croire les avocats des victimes.

Une centaine de dossiers ont déjà été enregistrés au tribunal nantais. Les quatre prochains dossiers d'ouvriers des Chantiers seront plaidés le 5 juillet. "Cette fois-ci, l'audience devrait être plus courte", puisque la faute inexcusable de l'employeur a été reconnue lors de la première procédure, a déclaré un avocat des victimes après la lecture du délibéré. Me Pierre Guyon, l'avocat des Chantiers, a rappelé quant à lui que son client disposait d'un mois pour faire appel devant la chambre sociale de la cour d'appel de Rennes.

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