Celui-ci est mort, ses deux collègues n’ont que peu de chance de survivre au cancer qui les terrasse, simplement parce qu’ils ont exercé leur boulot sur les bateaux en construction des Chantiers navals de l’Atlantique. "Faute inexcusable de l’employeur" a décidé ce matin le tribunal des affaires de sécurité sociale de Nantes. Faute inexcusable de cette filiale d’Alstom qui, entre 1960 et 1980, a laissé travailler ces hommes et des milliers d’autres au contact de l’amiante, alors que "le risque était connu, archi-connu" selon les avocats des victimes.
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Des victimes, il y en a et il y en aura encore. De 1972 à aujourd'hui, quelque 1500 salariés des Chantiers de l'Atlantique ont été dépistés et reconnus en maladie professionnelle. L’année dernière, 126 cas ont encore été recensés, selon l'Association départementale de défense des victimes de l'amiante (Addeva). Autant de procès potentiels. "Un minimum de 400 à 700 procédures sont à venir ", rien que pour les chantiers de Loire-Atlantique, "l'un des épicentres de la contamination" en France, à en croire les avocats des victimes.
Une centaine de dossiers ont déjà été enregistrés au tribunal nantais. Les quatre prochains dossiers d'ouvriers des Chantiers seront plaidés le 5 juillet. "Cette fois-ci, l'audience devrait être plus courte", puisque la faute inexcusable de l'employeur a été reconnue lors de la première procédure, a déclaré un avocat des victimes après la lecture du délibéré.
Me Pierre Guyon, l'avocat des Chantiers, a rappelé quant à lui que son client disposait d'un mois pour faire appel devant la chambre sociale de la cour d'appel de Rennes.








