© INTERNE"La compagnie a déposé ce jour son bilan auprès du tribunal de commerce de Créteil". Le communiqué laconique de la direction, tant redouté, est tombé vendredi en début d'après-midi. "Le président Marc Rochet a demandé à pouvoir bénéficier de l'ouverture d'un redressement judiciaire afin de permettre d'identifier, très rapidement, d'autres solutions de restructuration pour ce groupe" ajoute le texte.
Gayssot "désapprouve"
La réaction de Jean-Claude Gayssot n'a pas tardé. Le ministre des Transports désapprouve la décision "alors même qu'il est acquis que des solutions de continuation du pôle parisien existent. Malgré les efforts déployés dans le cadre de la procédure de conciliation, les actionnaires d'AOM et Air Liberté ont refusé de mettre en place le financement qui permettait d'aboutir à la concrétisation d'offres sérieuses et crédibles" explique-t-il.
Dans la matinée, il avait exhorté sur Europe 1 les actionnaires actuels d'AOM-Air Liberté, Swissair Group et Marine Wendel, le holding d'Ernest-Antoine Seillière, à assumer leurs responsabilités afin d'éviter le dépôt de bilan et de permettre de "finaliser" la proposition d'un "repreneur sérieux". Jean-Claude Gayssot faisait alors allusion à un groupe américain qui se serait montré intéressé par la compagnie en difficulté. Mais la direction a précisé dans la foulée que les négociations avaient achoppé la veille au soir.
Au cours d'un point de presse, samedi, Ernest-Antoine Seillière a dit : "J'accuse Swissair et Jean-Claude Gayssot d'avoir provoqué et accéléré la debâcle", ajoutant qu'il attendait "des tribunaux qu'ils rétablissent notre bon droit". Le président du Medef a dénoncé "le comportement indigne d'une grande société" (Swissair). Il a également estimé que M. Gayssot a eu "un comportement injuste et politique" en lançant sa campagne "Haro sur le Baron, Seillière responsable". "J'espère que les repreneurs vont désormais pouvoir construire des solutions. Après la tristesse, l'amertume, et la colère, nous exprimons cet espoir", a-t-il indiqué. M. Seillière a en outre estimé que le tribunal de Créteil devrait être saisi d'offres pour des parties du pôle AOM/Air Liberté, alors que des solutions globales avaient été examinées avant le dépôt de bilan, selon lui.
Un espoir ?
Comment désormais sauver ce qu'il est encore possible de sauver ? Il faudrait trouver trois milliards de francs pour donner de l'air à la compagnie. Un espoir, mince, demeure. Plusieurs groupes semblent intéressés par une reprise totale ou partielle. Le premier à avoir réagi est la compagnie aérienne à bas prix EasyJet, pour "certains actifs", notamment à l'aéroport d'Orly. Son offre "fait partie de la stratégie d'EasyJet de faire d'Orly une importante base d'opérations en Europe, qui proposera des vols intérieurs et intra-européens aux consomateurs français". Le groupe de conseil londonien AITI Holding a aussi manifesté son "intérêt pour la reprise totale ou partielle des actifs".
Mais c'est peut-être de l'Hexagone que viendra une solution. Jacques Maillot, le PDG de Nouvelles-Frontières, porte également attention à une éventuelle reprise globale. Si ces éventuels messies mettent finalement la main au portefeuille, reste à savoir combien d'emplois ils réussiront à sauvegarder...
Vols : retour à la normale AOM-Air Liberté a annoncé samedi matin un retour à la normale du trafic, après avoir été contrainte vendredi soir d'annuler tous ses vols sur Orly, en raison d'un mouvement spontané de grève suite à l'annonce du dépôt de bilan. Samedi, "tous les vols prévus sont assurés, et les vols supprimés vendredi soir ont été assurés dès ce matin, en sus du programme prévu", a indiqué la direction. Par ailleurs, tel que cela avait été annoncé voici deux jours, un programme allégé est mis en place à partir de lundi, avec une réduction des fréquences sur Nice (12 aller-retours par jour, 14 le vendredi), Toulouse (8 AR par jour, 10 le vendredi), Toulon (5 AR par jour, 6 le vendredi), Perpignan (5 AR par jour, 6 le vendredi) et Genève (5 AR par jour). En revanche, aucune modification n'est prévue sur les vols longs courriers et charters, de même que sur les liaisons régionales. Les passagers peuvent se renseigner | |
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