AOM-Air Liberté : à qui la faute ?

Par , le 16 juin 2001 à 15h23 , mis à jour le 04 octobre 2003 à 17h49

Au lendemain du dépôt de bilan de la compagnie aérienne, la polémique fait rage. Les principaux protagonistes –Swissair, Ernest-Antoine Seillière et le gouvernement- se rejettent la faute. Prochaine étape : la décision du tribunal de commerce de Créteil, attendue mardi.

AOM sigle sur aile d'avion © INTERNE

C’est pas moi, c’est lui. Nul doute que les 5 000 salariés d’AOM-Air Liberté, dont le sort semble de plus en plus incertain, doivent être las de la partie de boomerang qui se déroule entre leurs actionnaires et l’Etat sur les responsabilités du dépôt de bilan annoncé vendredi après-midi dans un communiqué laconique de Marc Rochet, le PDG.

Premier à entrer en scène, Jean-Claude Gayssot a fustigé l’attitude de Swissair et d’Ernest-


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0805 825 825
 0803 001 234
 www.air-liberte.fr

 

Antoine Seillière, le patron de la holding Marine-Wendel. "Malgré les efforts déployés dans le cadre de la procédure de conciliation, les actionnaires d'AOM et Air Liberté ont refusé de mettre en place le financement qui permettait d'aboutir à la concrétisation d'offres sérieuses et crédibles" lançait le ministre des Transports. Un peu plus tard, Swissair affirmait "avoir été prêt à prendre à sa charge les deux-tiers des coûts de restructuration (ndlr  : estimée au minimum à trois milliards de francs), si Marine-Wendel acceptait de financer le tiers restant. Malheureusement, Marine-Wendel a refusé cette proposition".

Seillière charge Swissair et Gayssot

Doublement mis en cause, Ernest-Antoine Seillière a réagi samedi matin. Le patron du Medef rejette à son tour la faute sur Swissair et sur le gouvernement. "J'accuse Swissair et Jean-Claude Gayssot d'avoir provoqué et accéléré la débâcle qui menace le sort de milliers de salariés. J'attends des tribunaux qu'ils établissent notre bonne foi".

Il souligne que Swissair avait pris "deux engagements formels" en juin 2000, au moment où le groupe suisse avait décidé d'acheter Air Liberté et de l'intégrer à AOM dans le but de créer un deuxième pôle aérien français, concurrent d'Air France. Swissair avait alors signé un document stipulant "qu'elle ferait face seule sans jamais nous demander d'argent aux besoins financiers d’AOM-Air Liberté à l'avenir". Le dirigeant de Marine-Wendel met également en cause Jean-Claude Gayssot, qui a eu selon lui "un comportement injuste et politique" en lançant sa campagne "Haro sur le Baron, Seillière responsable".

Repreneurs ?

Quel est désormais l’avenir d’AOM-Air Liberté ? Sombre. Une première réponse devrait être apportée mardi par le tribunal de commerce de Créteil. Le fait qu’Air Liberté en soit à son second dépôt de bilan–après celui 1996- devrait normalement déboucher sur un plan de cession ou une liquidation judiciaire. Le tribunal a néanmoins la possibilité juridique de permettre un plan de continuation.

D’autres espoirs de sauver ce qui peut encore l’être subsistent également. Plusieurs repreneurs éventuels se sont en effet manifestés à l’annonce du dépôt de bilan. La compagnie aérienne à bas prix EasyJet est ainsi candidate à "certains actifs", notamment à l'aéroport d'Orly. Son offre "fait partie de la stratégie d'EasyJet de faire d'Orly une importante base d'opérations en Europe, qui proposera des vols intérieurs et intra-européens aux consommateurs français". Le groupe de conseil londonien AITI Holding a aussi manifesté son "intérêt pour la reprise totale ou partielle des actifs". Mais c'est peut-être de l'Hexagone que viendra une solution. Jacques Maillot, le PDG de Nouvelles-Frontières, porte également attention à une éventuelle reprise globale.

Si ces éventuels messies mettent finalement la main au portefeuille, reste à savoir combien d'emplois ils réussiront à sauvegarder...

Lire également : Les salariés d'AOM-Air Liberté, entre espoir et inquiétude

Par Fabrice Aubert le 16 juin 2001 à 15:23
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