© INTERNEVoici venu le Pare, le plan d'aide au retour à l'emploi. Il est entré officiellement en vigueur ce 1er juillet et va considérablement changer la vie des demandeurs d'emplois. Pourtant, il est déjà décrié. Trois associations de chômeurs, AC!, APEIS, et le MNCP, ont déposé un recours devant le Conseil d'Etat en vue d'obtenir l'annulation de la convention d'assurance chômage. L'examen de la requête aura lieu mercredi. Dans le même but, ces associations ont déposé une plainte devant le Tribunal de grande instance de Paris qui doit statuer le 26 juillet.
En tout cas, ceux qui s'inscriront désormais à l'ANPE, entreront directement dans le dispositif et toucheront leurs allocations sans dégressivité. Idem pour ceux qui sont déjà inscrits à l'ANPE : on leur a fait parvenir un document leur proposant de passer sous le système du Pare et de bénéficier de la non-dégressivité. On voit mal quel serait leur intérêt de refuser. En revanche, le montant de leurs indemnités sera calculé à partir de celles du mois précédent. Une personne en fin de droits continuera donc à percevoir la même somme.
| Une aubaine pour les magouilleurs ? Oui et non. En effet, on peut considérer que la non dégressivité des indemnités n'incite pas les chômeurs à rechercher un emploi. Attention, non dégressivité ne veut pas dire rente à vie les doigts de pieds en éventail à Acapulco. Les règles de calcul des indemnités restent les mêmes. En moyenne, les allocations chômage représentent 57,4% de son salaire en prenant comme référence les douze derniers mois. Plus le salaire est bas et plus la proportion d'allocation est importante et inversement. La durée de l'indemnisation reste la même. Pour prétendre à l'assurance chômage, il faut pouvoir justifier de 4 mois de travail dans les 18 derniers mois. Au maximum, l'indemnisation peut durer 5 ans pour les chômeurs de plus de 55 ans et selon les cas. |
Le nouveau dispositif
Le PAP correspond en réalité au premier projet proposé par le Medef l'an dernier, les sanctions en moins. Tout d'abord, le demandeur d'emploi devra faire passer un entretien-diagnostic. Selon son dossier, le conseiller lui proposera un emploi ou bien lui fera passer une évaluation avant de le mettre en rapport avec une entreprise. "Si le demandeur d'emploi n'a pas de projet précis, qu'il se pose des questions sur son orientation, nous lui proposerons de faire un bilan de compétences ou bien nous l'enverrons vers un prestataire extérieur pour suivre une formation par exemple", précise Jean-Marie Marx. Autre changement, le demandeur d'emploi sera tenu de faire le point avec son conseiller tous les six mois.
Mais tout cela a un coût. Le budget de l'ANPE a été augmenté de 1,7 milliard de francs par an afin de permettre l'embauche de 3650 conseillers supplémentaires. 860 ont déjà été recrutés et formés pendant 3 mois, un millier le seront en juillet, 1000 autres en décembre et un dernier "contingent en juillet 2002. Le Pare va considérablement grever les résultats de l'Assurance chômage. Selon un document de l'Unedic daté de février 2001, l'excédent devait être de 18,4 milliards de francs en 2001 et d'environ 28,5 milliards de francs en 2002. Après la mise en place du Pare, cet excédent ne devrait être que de 2,7 milliards de francs en 2001 et de 2,8 milliards de francs en 2008.
Les calculs savants, sinon optimistes, de l'Unedic La mise en place du Pare coûte cher, du fait des 3650 embauches supplémentaires dans les agences ANPE mais aussi de la non dégressivité des allocations chômage. Pourtant, à moyen terme, l'Unedic estime que les résultats seront positifs. Selon ses propres estimations, le Pare permettrait de soutenir la croissance et d'augmenter le PIB français de 0,2% en 2002 pour atteindre 2,9% au lieu de 2,7%. Le chômage accentuerait sa décrue et encore plus vite grâce au nouveau dispositif. Ainsi, l'emploi salarié augmenterait d'environ 412 000 en 2002 contre 347 000 sans le Pare. Selon de savants calculs, la durée de l'indemnisation des chômeurs baisserait en moyenne de trois semaines, ce qui, l'un dans l'autre, permettrait à l'Unedic de faire des économies. Pourvu que la croissance, que le ministre de l'Economie et des Finances ne cesse de revoir à la baisse, ne vienne pas démentir ces prévisions. | |
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