ARCHIVES

Ne pas dramatiser la baisse de la consommation des Français

Sophie Lutrand par
le 21 juin 2001 à 16h32 , mis à jour le 22 juin 2001 à 14h02.
Temps de lecture
4min
vignette conjoncture

Crédits : INTERNE

À lire aussi
EconomiePour le deuxième mois consécutif, la consommation des ménages baisse alors que l'on attendait au moins une légère hausse. Selon Robert Rochefort, directeur du Credoc, il ne faut pourtant pas dramatiser, c'est à la rentrée que l'on saura si la France est réellement atteinte par le ralentissement économique américain.

tf1.fr : On s'attendait à une hausse de la consommation des ménages en mai et finalement c'est une baisse. Que s'est-il passé ?

Robert Rochefort : Effectivement, nous nous attendions à une hausse de 0,4%. Ce n'est pas une bonne nouvelle mais c'est un résultat conforme à la précédente baisse de confiance des ménages. Il faut se garder d'en tirer tout de suite des conséquences. Les pessimistes diront que l'on est déjà en train de changer de cycle économique. Mais attention, ce sont les résultats des produits manufacturés pas des services.

tf1.fr : Comment explique-t-on ces chiffres décevants ?

Robert Rochefort : La consommation des ménages est très difficile à prévoir. Les consommateurs sont hyper-réactifs. Tout le mois de mai a été occupé par des ponts, des jours de RTT. On ne sait pas si ces congés sont favorables à la consommation. Si les gens en profitent pour faire les magasins oui, s'ils partent en week-end, c'est favorable au tourisme mais pas aux produits manufacturés.

De plus, la météo n'a pas été très bonne et la consommation est extrêmement liée à ce paramètre. Les gens gardent leurs habits de demi saison et ce n'est pas parce que le beau temps arrive qu'ils vont acheter plus de vêtements. Concernant les voitures (-0,7% en mai), les ventes avaient été très bonnes jusqu'en avril. Nous sommes entrés dans un profil de consommation qui reste positif mais à un rythme beaucoup moins fort qu'auparavant.

tf1.fr : Les divers plans sociaux annoncés au mois de mai ont-ils pu jouer un rôle dans le moral des ménages et donc dans la baisse de la consommation ?

Robert Rochefort : Les consommateurs sont très réactifs à ce qui les touche directement. Les plans sociaux, s'ils ne les touchent pas eux ou un de leurs proches, ne va pas les affecter immédiatement mais avec quelques mois de retard. Je pense que le grand rendez-vous maintenant, c'est la rentrée. La baisse d'impôts devrait avoir un impact positif, mais le climat politique et économique général pourrait desservir la consommation.

tf1.fr : On compte pourtant beaucoup sur la consommation pour limiter le ralentissement de l'économie française dû à la situation des Etats-Unis et par contagion des pays européens ?

Robert Rochefort : C'est vrai mais la consommation ne peut pas tenir envers et contre tout. Il me semble qu'elle fera plutôt de la résistance mais ne nous permettra pas de passer à côté d'un ralentissement. L'autre facteur important, c'est l'emploi : si le chômage continue à baisser même moins vite, la consommation pourra se maintenir. Si le chômage repart à la hausse, là ce sera différent.

tf1.fr : A-t-on déjà une idée de l'impact qu'aura le passage à l'euro sur la consommation ?

Robert Rochefort : Non, aucune. On parle beaucoup de l'argent qui sort des bas de laine. Certains pensent que les 30 milliards déjà sortis ont soutenu la consommation. Moi je ne pense pas. Les gens qui gardaient de l'argent chez eux sont plus fourmis que cigales. Ils ont dû juste changer de mode paiement et payer en liquide leurs dépenses habituelles.

Commenter cet article

      Nous suivre :

      Une tempête de sable balaye le Nord-ouest de la Chine

      logAudience