© INTERNEEmmanuel, 30 ans
emploi-jeune dans une association culturelle organisatrice
de festivals de courts-métrages Nevers à l'aube (58)
Formation : BTS action publicitaire et communication
Tf1.fr : Pourquoi et comment avez-vous décidé de signer un contrat emploi-jeune ?
Emmanuel : J'étais en CES (contrat emploi solidarité) depuis février 96. J'avais attendu d'avoir 25 ans pour bénéficier du RMI et ensuite d'un CES. Mais j'étais dans un dispositif de réinsertion sociale alors que j'avais un Bac + 2. Pour moi, le dispositif emploi-jeune était beaucoup plus avantageux et j'ai signé en septembre 1998. Cela me permet d'avoir l'assurance d'un travail pendant 5 ans au moins, un salaire de 5800 francs net contre 2500 francs pour un CES et surtout cela me permet de travailler dans une branche et dans une structure qui me plaisent mais qui n'avaient pas les moyens de m'embaucher.
Tf1.fr : Pour le moment, êtes-vous satisfait de votre situation ?
"Cela me permet de travailler dans une branche et dans une structure qui me plaisent mais qui n'avaient pas les moyens de m'embaucher". |
Emmanuel : Aujourd'hui je suis indépendant financièrement alors que je vivais chez mes parents, je ne suis pas sur la brèche tous les trois mois en me demandant si mon CES sera renouvelé et le boulot me plaît. J'ai beaucoup appris non seulement dans l'organisation d'événements culturels mais j'ai été amené à faire de la comptabilité, des demandes de subventions, des recherches de sponsors…
Tf1.fr : Avez-vous profité des 200 heures de formation prévues dans le contrat emploi-jeunes ?
Emmanuel : Partiellement. J'ai suivi une formation de familiarisation à l'Internet et de création de site. Je devais créer le site de l'association mais pour le moment ça ne s'est pas fait.
Pascal, 26 ans 
"Ce ne sont pas deux
années de gâchées".-
emploi-jeune chargé des NTIC (Nouvelles technologies de
l'information et de la communication) dans un lycée agricole.
Formation : Math sup, math spé, Deug A
Tf1.fr : Pourquoi avoir arrêté vos études et opté pour un emploi-jeune ?
Pascal : Après l'armée, je n'avais pas les moyens de reprendre mes études et j'ai commencé à chercher du travail. J'ai entendu parler de cet emploi à l'ANPE et j'ai commencé à travailler en avril 1999. Je voyais ça comme un tremplin surtout avec la formation qui était proposée pendant la période du contrat. Ca pouvait me permettre d'étoffer mon CV.
Tf1.fr : On vous sent déçu.
Pascal : Sur l'aspect formation c'est vrai. Je suis obligé de choisir parmi les stages que propose le ministère de l'Agriculture à son personnel ce qui ne correspond pas forcément à ce qui m'intéresse. Si je choisis de faire une formation "extérieure", c'est à moi de la financer.
Tf1.fr : Vous êtes sur le départ ?
Pascal : Oui, j'ai envie de changer parce qu'il n'y a pas vraiment de perspectives d'évolution. Si j'ai bien compris, le gouvernement veut favoriser les intégrations via des concours administratifs mais compte en terme de postes et non pas d'emplois-jeunes. Les postes seront peut-être pérennisés et ouverts aux concours mais il n'est pas sûr que la personne qui occupait cette fonction puisse postuler et retrouver ce qu'il faisait.
"Pour que mon expérience me serve vraiment, il faudrait qu'un bilan de compétences soit mis en place lorsque l'on sort du dispositif". |
Tf1.fr : Quel type de travail cherchez-vous ? Ces deux années comme emploi-jeune seront-elles un atout ?
Pascal : Je cherche un travail qui m'intéresse, j'aime apprendre en travaillant et puis j'aimerais trouver une meilleure situation, mieux payée et moins précaire. Globalement, ce ne sont pas deux années de gâchées mais qui n'ont pas été exploitées à fond, moins prometteuses que prévues. Pour que mon expérience me serve vraiment, il faudrait qu'un bilan de compétences soit mis en place lorsque l'on sort du dispositif.
Marion, 24 ans
future emploi-jeune à la cité de la musique de Marseille
Formation : DESS de management culturel
Tf1.fr : Votre emploi-jeune sera votre premier emploi ?
"Je prends ça comme un premier emploi, je n'ai pas l'intention d'y rester 5 ans, c'est une expérience".
Marion : oui, en fait je suis en stage de fin d'études à la cité de la musique. L'aboutissement serait une embauche comme assistante de communication en contrat emploi-jeune.
Tf1.fr : Avec un Bac+5, a-t-on vraiment besoin de ce dispositif ?
Marion : Le domaine de la culture est un peu à part. les embauches se font par le bouche à oreille. On commence souvent par un emploi-jeune et après le poste évolue. Mon employeur va prendre en compte mon niveau d'études, je devrais être payée un peu plus que le Smic, autour de 8 000 francs bruts par mois.
Tf1.fr : Comment concevez-vous cet emploi jeune ?
Marion : Ce n'est pas une étiquette. Sur mon CV, je ne mettrais pas emploi-jeune mais assistante de communication. Je prends ça comme un premier emploi, je n'ai pas l'intention d'y rester 5 ans, c'est une expérience.
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