© INTERNELa publicité représente une paire de menottes entourant le mot "euro". Elle est publiée ce matin dans les deux principaux tabloïds de Grande Bretagne, le Sun (qui a soutenu Tony Blair pendant la campagne) et le Daily Mail (conservateur). Sous l’image, cette phrase sonne comme une déclaration de guerre: "La vraie bataille commence maintenant. Si vous ne voulez pas que la Grande-Bretagne soit prisonnière de l'euro, soutenez la campagne pour le 'non'."
Au lendemain de la réélection des travaillistes, le groupe "Business for Sterling", qui regroupe quelque trois cents chefs d'entreprises du pays, minimise les dégâts : "cette élection n'était pas un référendum sur l'euro." Qui se laissera convaincre ? Depuis quelques jours, les investisseurs pronostiquent un referendum d’adhésion à l’euro dans les deux années à venir et, en cas de victoire du oui, une dévaluation de la livre sterling pour entrer dans l’union monétaire. La livre n’a pas résisté à la rumeur et se trouve aujourd’hui à son niveau le plus bas depuis 15 ans, à 1,38 dollar.
Un mandat en faveur de l'Europe
Malgré le démenti de referendum apporté ce matin par Tony Blair, le Premier ministre semble considérer qu’il a reçu un mandat pour renforcer sa politique en faveur de l’Europe. Ce qui devrait réjouir ses partenaires dans l'Union. "Vas-y Tony, saute dans l'euro !", encourage ce matin le quotidien allemand Die Welt. "Le reste de l'UE a longtemps attendu les Britanniques et la patience sur le continent ne va pas durer éternellement", écrit-il.
"Toute la question est désormais de savoir qui sera le nouveau leader du parti et quelle sera sa position sur l'euro", souligne Kamal Sharma, économiste à la Commerzbank. "Si l'ancien ministre des Finances Kenneth Clarke, qui est pro-euro, annonce sa candidature, la pression risque de s'aggraver sur la livre. Si c'est un conservateur de l'aile droite du parti, les effets seront plus neutres ou un peu moins négatifs", conclut-il.
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