Euro : les commerçants croient être prêts, ils se trompent

Par , le 15 juin 2001 à 17h25 , mis à jour le 14 juin 2001 à 17h50

Les résultats d'une enquête sur la préparation des commerçants à 200 jours de l'euro sont inquiétants. Les deux tiers d'entre eux pensent être prêts pour accepter les transactions en euros. Dans les faits, ils sont beaucoup moins nombreux et ne connaissent pas avec exactitude la date butoir du passage à la monnaie unique.

caisse euro magasin courses © INTERNE

Les commerçants ne sont pas prêts pour l'euro. Pire, ils ne le savent pas ! L'étude réalisée par la Sofres pour le GIE (Groupement des cartes bancaires) et publiée hier révèle que 74% des commerçants pensent que leur terminal de paiement électronique est adapté à l'euro alors que seulement 6 sur 10 le sont réellement.

Aujourd'hui, 40% d'entre eux n'ont pas encore adapté leur matériel. Au dernier pointage effectué fin

"Les commerçants de proximité non équipés n'ont pas compris que si leurs terminaux de paiements ne sont pas adaptés à l'euro, ils ne pourront plus accepter de paiements par carte bancaire à partir du 1er janvier 2002"

avril, sur 625 000 terminaux, seuls 381 600 disposent des logiciels adaptés à la monnaie européenne, soit un peu plus de la moitié. "Les commerçants de proximité non équipés n'ont pas compris que si leurs terminaux de paiements ne sont pas adaptés à l'euro, ils ne pourront plus accepter de paiements par carte bancaire à partir du 1er janvier 2002", explique Yves Randoux, administrateur du GIE cartes bancaires. Certains nécessitent seulement de télécharger un nouveau logiciel, d'autres d'être modifiés mais 86 000 devront être remplacés. Si les commerçants ne s'y prennent pas dès maintenant, ils prennent le risque de faire face à une pénurie de matériels et de techniciens pour les installer en fin d'année.

L'enjeu est de taille, surtout qu'une large majorité de commerçants croient connaître la date butoir. Après vérification, ils ne sont que 30% à savoir que les paiements scripturaux en francs n'auront plus cours légal au 31 décembre 2001. "Nous allons devoir faire des efforts de communication et surtout de pédagogie", a commenté Yves Randoux. Pour le moment en effet, la question ne s'est guère posée pour les commerçants. Le niveau de transactions effectuées en euro est inférieur à 1% ( 6 transactions sur 10 000 en moyenne).

Par Sophie Lutrand le 15 juin 2001 à 17:25
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