La fronde contre EDF gagne l'Allemagne

Par , le 12 juin 2001 à 07h00 , mis à jour le 11 juin 2001 à 17h43

Le ministre allemand de l’Economie menace d’interdire toute importation par le groupe énergétique français, aussi longtemps que la France refusera d’ouvrir totalement son marché de l’électricité aux concurrents européens. En Italie, où le gouvernement a adopté un décret anti-EDF, le Français est soupçonné de préparer une OPA sur Edison.

EDF Pylônes électricité électrique © INTERNE

Après les Italiens, c’est au tour de l’Allemagne d’entretenir des relations "électriques" avec la société française EDF et son propriétaire, l’Etat. Ce matin, le ministre allemand de l’Economie a menacé ni plus ni moins d’interdire toute importation d’EDF outre-Rhin où le groupe français détient plus d’un tiers de la société énergétique EnBW. Werner Müller est exaspéré par le refus obstiné de la France d’ouvrir son marché à plus de 30% alors que l’Allemagne a procédé depuis quelques temps déjà à la libéralisation totale du secteur.

Si de nombreux Etats membres se sont donnés pour objectif d’ouvrir complètement leurs marchés du gaz et de l’électricité avant 2005, la France traîne les pieds et se contente de respecter, pour l’électricité du moins, le seuil minimal fixé par l’Union européenne. De quoi énerver les Allemands mais surtout les Italiens qui voient d’un très mauvais œil la récente augmentation de la participation d’EDF dans le groupe Montedison, un fleuron de l’économie nationale.

Un décret anti-EDF en Italie

Le gouvernement italien s’est fendu d’un décret anti-EDF, adopté le 25 mai, par lequel les droits de vote du géant  de l'électricité, qui détient un cinquième de la holding italienne, sont gelés à 2%. Le temps presse car des informations parues dans la presse laissent présager une prochaine offre publique d’achat d’EDF sur Montedison ou plus précisément sur sa filiale énergétique, Edison.

Le groupe français pourrait rapidement grimper à un tiers dans le capital grâce au soutien du groupe Carlo Tassara (10%) et à un droit de rachat de 3% de parts appartenant à la Deutsche Bank. A terme, plusieurs analystes et journalistes estiment qu’EDF pourrait atteindre la moitié du capital, soit en s’accordant avec le deuxième actionnaire Mediobanca (14,5%), soit par l’acquisition des 17% du capital en circulation, soit encore par des accords de rachat restés secrets.

Par David Straus le 12 juin 2001 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience