© INTERNELe tour du monde de José Bové en images
Tf1.fr : Il y a un an à Millau, vous aviez donné rendez-vous l'année suivante aux manifestants "anti-mondialisation" , mais rien n'est prévu. Vous ne tenez pas vos promesses ?
José Bové : J'avais dit le 30 juin au soir qu'on pourrait faire quelque chose l'année suivante, pas forcément à Millau d'ailleurs. Entre temps, la date n'était plus concevable. Un rassemblement était prévu les 23-24 juin à Barcelone, où se réunissait la Banque Mondiale mais cette dernière a préféré annuler et mi-juillet, il y a le sommet du G7 à Gênes en Italie. On n'allait pas le faire le 23 à Barcelone, le 30 à Millau et le 15 juillet à Gênes, ça n'avait pas de sens. On a voulu privilégier ce qui se passe aujourd'hui. Nous ne sommes pas particulièrement attachés à la commémoration.
Tf1.fr : Depuis l'épisode de Millau, on vous voit partout, au Brésil, en Inde, au Mexique et même en Palestine la semaine dernière. Est-ce qu'en étant de tous les combats, vous n'avez pas le sentiment de vous disperser ?
"Ceux qui ont pensé que c'était seulement un combat contre la malbouffe n'ont rien compris".
José Bové : Depuis avril 2000, j'ai été nommé porte-parole international de la Confédération paysanne. Mon travail est de monter des réseaux au niveau international et de participer avec les paysans du monde à des mouvements citoyens. A Porto Alegre, au Brésil, en Inde ou en Palestine, je suis dans la même logique de mouvement social. En Palestine, je faisais partie d'une délégation des mouvements de la société civile française. L'objectif était de faire le lien avec des mouvements citoyens palestiniens et israéliens pour protéger la société palestinienne qui est aujourd'hui anéantie par une situation de guerre. Nous sommes intervenus (photo ci-dessous) dans un village où deux jours avant, l'armée avait décidé que toutes les terres agricoles devenaient terrains militaires dans l'objectif d'y introduire des colonies qui n'existaient pas encore. Nous pensons que c'est à la société civile de devenir acteur face à l'incapacité des politiques. 
Le leader paysan au prise avec l'armée
israélienne la semaine dernière. -
Tf1.fr : Régulièrement on vous voit participer à des manifestations, souvent aux prises avec les forces de l'ordre. A trop jouer avec votre image, vous ne craignez pas de perdre en crédibilité ?
José Bové : Ceux qui ont pensé que c'était seulement un combat contre la malbouffe n'ont rien compris. C'est un combat global contre un certain type de société. Je ne pense pas en terme d'image mais d'abord en terme d'action. Prenons l'exemple de Millau et de la répression qui s'est abattue sur nous de manière idiote. C'est ce que nous appelons "l'aïkido syndical" : on contraint l'adversaire à la faute. Ce n'est pas l'image pour l'image mais l'image pour l'action. Moi je continue à faire ce que j'ai toujours fait. Pour le Larzac c'était la même chose. Les gens se souviennent d'images très fortes comme quand nous avions mis des brebis sur la Tour Eiffel en 1973 et que nous avions campé en dessous. Donc c'est pas nouveau.
Tf1.fr : On a l'impression que la Confédération paysanne s'essouffle un peu. Les résultats des élections aux chambres d'agriculture la laissent encore loin derrière la FNSEA et elle est absente de certains groupes de travail du ministère de l'Agriculture.
"C'est ce que nous appelons "l'aïkido syndical" : on contraint l'adversaire |
Nous militons pour les revenus des paysans, pour l'abattage sélectif et nous aurons des réponses jeudi au congrès de la Confédération paysanne où le ministre de l'Agriculture sera présent, alors qu'il n'était ni à celui de la FNSEA ni à celui du CNJA. Si on était aussi en perte de vitesse que ça, je ne pense pas que le ministre ferait l'effort de se déplacer.
Tf1.fr : Où vous verra-t-on prochainement ?
"Parfois il vaut mieux ne pas être aux réunions plutôt que de faire tapisserie et de cautionner des choses qui ne servent à rien". |
José Bové : Je serai à Gênes pour le sommet du G7. Je manifesterai contre les sept pays les plus riches qui sont en train d'organiser la mise en coupe réglée de la planète pour le prochain sommet de l'OMC qui se tiendra en novembre à Qatar. Nous avons demandé des accréditations pour le Qatar sachant qu'on n'y rentre pas comme ça. C'est un tout petit pays perdu dans le Golfe persique, une monarchie où les partis politiques et le droit de manifester sont interdits. Comme ça, si nous réussissons à y aller, la prochaine fois ils seront obligés d'aller sur la Lune.
Retour MYTF1
Chargement en cours...




