Le Medef menace de quitter la Sécu

Par D.S. , le 11 juin 2001 à 10h57 , mis à jour le 11 juin 2001 à 11h41

Interrogé ce matin sur Europe 1, le vice-président du Medef, Denis Kessler a indiqué que l'organisation patronale pourrait sortir du système de la Sécu si le gouvernement ne revoyait pas sa décision de financer partiellement le passage aux 35 heures avec l’argent de la Sécurité sociale.

[Expiré] [Expiré] Kessler Denis Medef portrait février 2001 © AFP

Décidément la pilule ne passe pas. Que ce soit du côté des syndicats ou de celui du Medef, on n' admet pas la décision du gouvernement de mettre à contribution les fonds de la Sécurité sociale pour financer le coût du passage aux 35 heures. Ce matin encore, sur les ondes d'Europe 1, le vice-président délégué du Medef, Denis Kessler, a répété tout le mal qu’il pensait d’un tel projet. A tel point que l’organisation patronale menace de sortir du système si Lionel Jospin ne revient pas sur ses projets.

Selon le numéro 2 du Medef, "les excédents de la Sécurité sociale sont tout à fait transitoires, passagers et même, nous contestons leur  existence", a-t-il précisé. "Il faut savoir que la Sécurité sociale, alors que nous avons une  extraordinaire croissance, est juste à l'équilibre" et qu' "avec le  ralentissement actuel, nous avons le risque d'avoir à nouveau des déficits en  fin d'année", a-t-il ajouté.

"Je dois vous le dire
et c'est d'une grande
gravité, la question
de notre participation
à la Sécurité sociale,
je parle des employeurs,
est aujourd'hui posée."

"L'idée d'aller ponctionner la Sécurité sociale, qui est faite pour les  malades, les retraités et les familles, afin d'aller encourager la réduction du temps de travail, c'est-à-dire l'encouragement public à l'oisiveté", est  "tellement contraire aux missions de la Sécurité sociale que nous ne resterons  pas inactifs", a-t-il déclaré.

Très solennel Denis Kessler en vient aux menaces : "Je dois vous le  dire et c'est d'une grande gravité, la question de notre participation à la Sécurité sociale, je parle des employeurs, est aujourd'hui posée. Si nous prenons la décision de ne pas présenter de candidats au mois de  juillet prochain pour occuper des postes d'administrateurs à la Sécu, c'est une décision historique dans notre pays et si nous sommes appelés à la prendre, c'est devant la gravité à l'heure actuelle d'une situation  où nous ne sommes pas respectés".

L'ouverture du chantier maladie reportée

La première réunion des partenaires sociaux sur "l'assurance maladie", dans le cadre de la "refondation sociale", prévue mardi, a été reportée au 19 juin, a déclaré le Medef. Trois organisations syndicales, la CFE-CGC, la CGT et FO, avaient écrit au Medef pour demander le report de cette réunion, en raison d'une manifestation, le même jour, des professionnels de santé libéraux. Le principal enjeu du chantier de l'assurance maladie, le sixième de la "refondation sociale", est de révoir l'organisation du système de soins et d'assurance maladie.

Par D.S. le 11 juin 2001 à 10:57
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