© AFPtf1.fr : Initialement, la manifestation qui aura lieu cet après-midi à Paris avait pour objet l’opposition aux licenciements boursiers. Mais plusieurs des participants veulent faire entendre leur voix sur d’autres problèmes. Pourquoi les communistes défileront-ils dans les rues?
Sylvie Jan : La première raison est de répondre à l’appel des salariés contre la vague des licenciements qui, d’ailleurs, n’est pas terminée. Nous voulons donner plus de force aux salariés et à l’opinion publique qui refusent les licenciements boursiers. Ensuite, nous considérons que plus les participants à cette manifestation seront nombreux, plus cela donnera de force aux députés communistes qui cherchent à imposer de nouveaux droits pour les salariés au sein de la loi de modernisation sociale (dont le vote aura lieu mercredi prochain). Hier après-midi, rien n’était tranché concernant les amendements du PCF refusés la semaine dernière par le Parti socialiste.
tf1.fr : Que répondez-vous à ceux qui accusent le Parti communiste de vouloir récupérer le mouvement de contestation né avec les vagues de licenciements en France?
S.J. : Si cette appréciation est sincère, elle est étonnante car c’est bien le Parti communiste qui le premier a pris une initiative politique. Au soir de la manifestation de Calais le 21 avril, avec les LU, Robert Hue s’est adressé à tous pour ne pas en rester là et créer une large mobilisation dans le pays. Par la suite, la CGT a annoncé sa journée du 22 mai et les intersyndicales LU-Danone, Marks & Spencer, etc – avec qui nous étions déjà en contact - la manifestation du 9 juin. Pour nous, que l’appel se fasse depuis la place du Colonel-Fabien (le siège du PCF) ou à la Bourse du travail (celui des syndicats) n’a aucune importance.
tf1.fr : Comment concilier-vous votre présence au sein du gouvernement et votre participation à la manifestation de samedi?
S.J. : La situation n’est pas toujours très simple. Sur des questions si importantes, le PCF fait la preuve de son utilité. Dans la rue, nous soutenons et encourageons les salariés. Dans tous les lieux de pouvoirs où nous sommes présents, nous les défendons en terme de droit. La loi de modernisation sociale ne doit servir à rien d’autre. A en croire les sondages (1), l’opinion publique apprécie le rôle du PCF dans la majorité plurielle. De plus, ce que nous réclamons aujourd’hui à l’Assemblée nationale était dans les engagements pris par les partis de la gauche plurielle il y a quelques mois. Lionel Jospin et le PS sont revenus sur leurs engagements et n’ont pas entendu ce qui se passaient dans le pays.
(1) Un sondage publié hier dans l’Humanité montre que 59% des Français pensent que le PCF est "dans son rôle de composante de la majorité plurielle" quand il s’associe à la manifestation de samedi. Ils sont cependant 64% à penser que Robert Hue "tente un coup politique".
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