© INTERNE"Le conflit peut non seulement s'installer dans la durée mais s'élargir", déclarait vendredi soir Laurent Jourdas, leader du CGT Livres au NMPP joint par tf1.fr. Pour la troisième journée consécutive, les titres du Groupe Amaury (Le Parisien, Aujourd'hui et l'Equipe) étaient absents des kiosques vendredi. Les ouvriers du Livre bloquent sa composition suite à la décision du groupe Amaury de diffuser eux-mêmes Le Parisien et de suspendre la parution de Aujourd'hui (l'édition nationale du quotidien parisien). Deux gros clients de moins pour les NMPP (Nouvelles messageries de la presse parisienne).
Selon Laurent Jourdas, syndicats, directions du groupe Amaury et des NMPP resteront en contact tout le week-end après l'échec des négociations vendredi mais ils doutent que les différents titres retrouvent leur place dans les kiosques lundi. En jeu, deux conflits : celui opposant le groupe Amaury aux ouvriers CGT du Livre, le premier voulant distribuer lui-même Le Parisien et laisser Aujourd'hui et les autres titres aux NMPP, les seconds n'acceptant sous aucun prétexte que le Parisien sorte du système solidaire de la coopérative.
"Les dirigeants du groupe Amaury commencent à faire grise mine"
La direction des NMPP est moins jusqu'au-boutiste : "La question est de savoir comment accompagner le départ du Parisien en conservant certaines prestations et comment continuer à diffuser Aujourd'hui pour préserver le régime solidaire", explique Pierre-Emmanuel Richard, directeur de la communication des NMPP joint par tf1.fr. En effet, la Cour d'appel de Paris a estimé que le Parisien et Aujourd'hui ne formait qu'un seul et même journal et que si l'un quittait le réseau, le deuxième devrait suivre. "Il faudrait différencier les deux titres", explique P-E Richard.
La direction du groupe Amaury, qui n'était pas joignable vendredi soir, ne semble pas déterminée à changer d'avis même si lors de la réunion de vendredi matin sous "l'égide du conseil supérieur des messageries de la presse", "les dirigeants commençaient à faire triste mine" de l'avis de Laurent Jourdas. "Ils avaient prévu un conflit d'une dizaine de jours. On va bientôt y être et ça leur coûte très cher". Le groupe vend en effet quotidiennement 350 000 exemplaires du Parisien, 128 000 d'Aujourd'hui, 300 000 de l'Equipe etc... La non-parution de tous les quotidiens nationaux n'est pas exclue selon Le Monde datée du 15 juin.
Les conséquences du départ du Parisien des NMPP
Le système de distribution coopératif de la presse française a été instauré par la loi Bichet du 2 avril 1947. Selon le texte, toute entreprise de presse a le droit d'assurer elle-même la distribution de ses propres journaux mais obligent celles qui veulent se regrouper à avoir recours à des coopératives de messagerie de presse comme c'est le cas des NMPP et des MLP (Messageries Lyonnaises de Presse).
Le Parisien est le premier grand quotidien à quitter les NMPP et à vouloir assurer lui-même la distribution de ses journaux. "Une décision qui met en péril le système de solidarité des NMPP", selon Laurent Jourdas, CGT Livre. En effet, les plus gros permettent aux plus "petits" d'être largement diffusés. Que les NMPP diffusent 20 ou 21 journaux ne changent guère les coûts qui sont fixes. En revanche, "le surcoût lié au départ du Parisien pour la collectivité des éditeurs est de l'ordre de 30 millions de francs par an, auxquels s'ajoutent 20 millions pour Aujourd'hui", selon le directeur de la communication des NMPP joint par tf1.fr. Un surcoût qui risquent d'alourdir le déficit de la branche quotidiens des NMPP qui est déjà de 200 millions de francs et les autres quotidiens nationaux ne sont sans doute pas enclins à combler.
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