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La presse suisse enterre Swissair

Edité par
le 19 juin 2001 à 18h52 , mis à jour le 20 juin 2001 à 07h00.
Temps de lecture
3min
[Expiré] [Expiré] Swissair avions à l'aéroport sigle et logos (AFP)

Crédits : AFP

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EconomieAccusé de ne pas mettre la main au portefeuille pour sauver le pôle AOM-Air Liberté, Swissair Group connaît lui-même une situation très difficile selon la place financière suisse où l'on dénonce le manque de transparence du transporteur aérien. L’entreprise dément.

L’empire Swissair serait-il en train de s’écrouler ? Sur la place financière suisse, on est pas loin de le penser. Mardi, le journal suisse-romand La Tribune de Genève publiait un éditorial intitulé "Swissair : chronique d'une mort annoncée". Selon le quotidien, le groupe est totalement surendetté et ne peut plus se permettre de renflouer indéfiniment ses filiales à problèmes, en particulier la compagnie belge Sabena, en soins intensifs depuis quelques mois. D’après le journal dominical SonntagsZeitung, Swissair Group aurait enregistré, rien que sur des activités suisses, soit sans les filiales à l'étranger, une perte opérationnelle de 266 millions d'euros sur les 4 premiers mois de l'année.

Une information impossible à vérifier avant la fin juillet. Contrairement à d'autres grandes entreprises suisses, la compagnie aérienne ne publie pas de chiffres trimestriels, mais seulement semestriels et annuels. Interrogé sur les rumeurs de faillite, un porte-parole du groupe a repris hier le sempiternel discours : "Les rumeurs sur le marché ne correspondent pas à la situation financière du groupe, nous avons des moyens suffisants pour poursuivre notre activité et aller de l'avant".

AOM-Air Liberté et Sabena précipiteront-ils la chute ?

Les analystes financiers estiment pourtant que les provisions d’1,6 milliard d’euros mises de côté l'année dernière pour renflouer les filiales défaillantes ne seront en aucun cas suffisantes. "On ne sait toujours pas ce que va coûter le désengagement des filiales françaises AOM, Air Liberté et Air Littoral, ni ce que sera la facture de Sabena, mais cela ne pourra sûrement pas être couvert par les provisions", doute un analyste.

Afin de parer au plus pressé, Swissair a déjà vendu sa chaîne d'hôtels, ainsi que des terrains, et a annoncé hier matin une restructuration de son secteur leasing d'avions. En outre, le groupe s'est fixé pour objectif d'économiser 333 millions d'euros d'ici la fin de l'année. En 2000, Swissair Group a déjà enregistré une perte historique d’1,9 milliard euros.

UBS arrête les frais

Mario Corti, président du groupe depuis fin mars, reste cependant serein. Devant des étudiants de l'université de Saint-Gall, il a déclaré lundi que son groupe reste solvable et que sa situation sera bien meilleure l'année prochaine. Interrogé sur une éventuelle faillite de Swissair, un analyste a répondu qu'il lui paraissait "impensable que Swissair ne bénéficie pas, le moment venu d'un large soutien institutionnel". Le groupe a déjà reçu une nouvelle ligne de crédit de plus de 600 millions d'euros fin avril de la part de plusieurs banques mais pas de l'UBS, la première banque suisse, qui estime que ce crédit était trop risqué.

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