A qui profite le TGV Med' ?

Par D.S. , le 07 juin 2001 à 07h00 , mis à jour le 05 juin 2001 à 18h58

Miracle pour certains, mirage pour les autres, les effets attendus du TGV Méditerranée sur l’économie de la région divisent. Si personne ne doute du boom touristique à Marseille, plus nombreux sont ceux qui craignent la concurrence de Lyon dans les autres secteurs de l’économie.

TGV train sncf © INTERNE

La Provence, déjà en tête des régions touristiques  françaises, s'attend à recevoir un million supplémentaire de touristes par an, acheminés par le TGV Méditerranée jusqu'à ses plages et festivals. A trois heures de Paris et une heure quarante de Lyon, Marseille devient une destination de choix pour de courts séjours au bord la mer.

Maxime Tissot, directeur adjoint de l'Office du tourisme de la ville, espère que des Franciliens, adeptes du bol d'air en Normandie ou Bretagne et des bouchons du retour, "viennent désormais chercher le soleil en TGV" dans les  calanques de Marseille - Cassis. Il s'attend aussi à "un grand boom de la  clientèle venant de Lyon, surtout pendant l'arrière-saison". A condition que la cité phocéenne comble rapidement son manque cruel d'hôtels, en particulier de luxe.

En revanche, les professionnels de l’immobilier doutent que l’arrivée du TGV Med fasse exploser le marché marseillais. "C’est un peu un fantasme", estime Charles Boumendil, directeur général de Marseille - Aménagement. Mis à part quelques maisons sur la Corniche, les "estrangers" ne se ruent pas sur les résidences en vente. "Le TGV va doper le marché, oui, mais à terme", tempère René Pallincourt, président régional de la Fédération nationale de l’immobilier qui compare : "A Lyon, cela a pris cinq ans avant de sentir les retombées".

La Côte d'Azur reste sur le bord de la voie

Lyon, l’exemple. Lyon, la menace. Certains, comme l’économiste André Cartapanis, expert auprès du Conseil économique et social de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ne participent pas  à l’euphorie TGV. "On se dirige vers une région Sud-Est avec Lyon comme capitale", assène-t-il. "A Lyon, les emplois stratégiques ; à Marseille, les loisirs et les résidences secondaires", prédit-il, un peu esseulé dans le concert des optimistes. Certes, rétorquent ceux-ci, le TGV ne suffira pas mais il a d’ores et déjà un effet psychologique positif. Reste à créer les conditions du développement.

Si Marseille se méfie de Lyon, les voisins de Côte d’Azur, eux, envient les Marseillais. Le relief accidenté et la forte urbanisation de cette région n’ont pas permis un tracé adapté aux performances du TGV. Résultat : il faut presque autant de temps pour relier Nice à Marseille que cette dernière à Paris. Mais les élus locaux, prompts à accuser l’Etat de tenir la Côte d’Azur à l’écart des grands projets nationaux, ont également une responsabilité dans cet isolement. Faute d'accord entre eux, le seul projet de liaison ferrovaire encore d'actualité ne devrait pas être mis en oeuvre avant 15 ou 20 ans.

A voir sur tf1.fr

Par D.S. le 07 juin 2001 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Économie
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience