© INTERNE"Je pars. Mais si entre temps nous trouvons une solution, je reste". C'est en substance ce que semble signifier la déclaration du Medef mardi soir. Ernest-Antoine Seillière, a annoncé au Premier ministre Lionel Jospin qui le recevait, qu'il se désengageait de la gestion de la Sécurité sociale pour protester contre le financement des 35 heures par la "Sécu". Il a toutefois posé ses conditions pour un éventuel retour dans les instances de l'organisme laissant ainsi la porte ouverte à une solution. Il a "suggéré" au Premier ministre "l'ouverture d'une discussion tripartite (gouvernement, syndicats, employeurs)" destinée à "clarifier" les missions et l'autonomie de la Sécurité sociale.
Une demande à laquelle Matignon semble prêt à accéder. Lionel Jospin a affirmé que "le dialogue" avait "vocation à se poursuivre", sans en préciser le calendrier et les modalités.
La confirmation par Elisabeth Guigou, la ministre de l'Emploi, d'une mise à contribution de la Sécurité sociale pour financer les allègements de charges consentis aux entreprises (13,2 milliards en 2000, 3 en 2001) avait ulcéré les dirigeants du Medef. Ils ont lancé un véritable ultimatum au gouvernement aujourd'hui menaçant de ne pas renouveler sa candidature au conseil d'administration des caisses dont la date butoir est fixé au 31 juillet. Si rien ne bouge côté gouvernement, le Medef ne présentera pas de candidats, après 55 ans de participation à la gestion de la Sécu : une défection "historique", a déjà prévenu Denis Kessler.Un réveil bien tardif
Si les syndicats s'accordent à dénoncer la mise à contribution des recettes de la Sécu, ils réagissent différemment à l'éventuel départ du Medef de la gestion de la Sécurité sociale. La CGT de Bernard Thibault estime qu'il s'agit d'un nouveau chantage du Medef sur le thème : "négociez sur mes bases sinon je m'en vais". La CFTC demande au gouvernement de convoquer "sans délai" les responsables du patronat et des centrales syndicales, pour une "réunion de la dernière chance" visant à "débloquer la situation en tout état de cause avant le 31 juillet". Marc Blondel pour Force Ouvrière juge "le réveil du Medef en la matière (...) bien tardif".
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