Les urgences en grève

Par , le 14 juin 2001 à 17h38 , mis à jour le 13 juin 2001 à 18h41

Le mouvement de grève dans les services d'urgence des hôpitaux a été suivi à plus de 80% jeudi selon les syndicats. Un service minimum a toutefois été mis en place. Les médecins urgentistes dénoncent les emplois précaires, le manque de lits, les conditions de travail...

Les urgences hospitalières étaient en grève toute la journée de jeudi. Selon les deux syndicats qui ont appelé à la grève, le SUH et l'AMUHF, le mouvement était suivi à plus de 80% dans les services d'urgence. Un service minimum équivalent aux effectifs du week-end (soit un tiers des effectifs en semaine) est prévu. Les médecins urgentistes souhaitent rencontrer le gouvernement mais pour le moment aucune entrevue n'est prévue. " S'il n'y a pas de rencontre, nous nous mettrons en grève illimitée la semaine prochaine et nous prévoyons une manifestation nationale à Paris samedi 23 juin", a précisé Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes hospitaliers de France.

Mes infirmières viennent travailler avec la peur au ventre (...) Nous voyons arriver la période de l'été et des vacances avec terreur", un chef de service des urgences.

Ces derniers dénoncent le recours aux statuts précaires pour combler les manques d'effectifs et de gardes liés à la réduction du temps de travail. "Il est scandaleux que l'ARTT ne concerne que les médecins titulaires de la fonction publique", s'insurgent les syndicats, qui au regard de l'avancement du dossier, doutent de l'application des 35 heures à la fin de l'année.

Les médecins urgentistes demandent par ailleurs la "création d'une spécialité de médecine d'urgence afin qu'ils soient enfin reconnus pour leur spécialité et leur formation", qui existe déjà depuis 30 ans aux Etats-Unis et 5 ans au Canada.

"Nous travaillons les mains dans le cambouis et nous sommes dans l'impossibilité de répondre aux hospitalisations actuellement. Nous sommes victimes d'un problème de restructuration et de surencombrement des services d'urgence", a regretté mercredi Patrick Werner, chef du service des urgences de l'hôpital Beaujon. Et d'ajouter : "Dans ce contexte, nous sommes de plus en plus confrontés au problème d'agressivité des patients et de leur entourage. Mes infirmières viennent travailler avec la peur au ventre (...) Nous voyons arriver la période de l'été et des vacances avec terreur".

Un mouvement de grève bien suivi

A Marseille, 100% des urgentistes sont en grève. L'ensemble du personnel sera notamment en grève dans les hôpitaux parisiens mais aussi dans les villes de Montreuil (Seine-Saint-Denis), au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) et à une forte majorité à Melun (Seine-et-Marne), Vendôme (Loir-et-Cher), Chartres (Eure-et-Loir), Chalon-sur-Saône, Macon (Saône-et-Loire), Dijon (Côte d'Or), dans le Sud Ouest, la région Nord, dans l'île de la Réunion", selon les estimations de l'AMUHF

Par Sophie Lutrand le 14 juin 2001 à 17:38
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