4400 salariés sacrifiés sur l'autel de la bourse

Par , le 06 juillet 2001 à 17h04 , mis à jour le 06 juillet 2001 à 17h38

Le rapport du cabinet chargé de mener une expertise sur le plan de retructuration de Marks & Spencer n'est pas tendre avec la firme anglaise. Il dénonce un désengagement aussi "brutal que périlleux" qui n'aurait eu comme objectif que de "calmer l'impatience des actionnaires".

Marks and Spencer enseigne mars 2001 © INTERNE

Une fuite qui hérisse la direction de Marks & Spencer. Le rapport du cabinet Anadex chargé de mener une expertise sur l'entreprise Marks & Spencer n'a plus rien de confidentiel. Selon l'Agence France Presse qui s'est procuré une copie du rapport, le cabinet d'expert a estimé que le plan de restructuration de Marks & Spencer annoncé en mars, avait été mené dans "l'urgence sur un objectif de très court terme consistant à calmer l'impatience des actionnaires". Il critique sévèrement un désengagement (la fermeture de 18 magasins en France) "aussi brutal que périlleux", qui illustre, selon lui, "une restructuration menée dans l'urgence sur un objectif de très court terme consistant à calmer l'impatience des actionnaires par la réduction du capital immobilisé sous forme de propriété de magasins". La direction anglaise n'est pas épargnée : "Le groupe se justifie par le fait que les investisseurs perdent patience", poursuit le cabinet, "mais la cessation d'activité n'en découle pas moins d'erreurs accumulées depuis une dizaine d'années par un appareil dirigeant pléthorique et conservateur".

Le groupe se justifie par le fait que les investisseurs perdent patience", extrait du rapport du cabinet Anadex.

Le Pdg de Marks and Spencer-France Alain Juillet a aussitôt démenti que la restructuration du groupe britannique en France "ait été menée dans l'urgence". Il a toutefois reconnu qu'on pouvait peut-être "parler d'urgence sur le plan de la procédure technique, mais pas sur l'application" de la restructuration. "On a dit qu'on allait continuer d'opérer encore pendant neuf mois après l'annonce du 29 mars", date à laquelle le groupe a annoncé son retrait d'Europe et de France, a-t-il souligné. Le pdg a encore justifié la stratégie de son groupe dans la liquidation de son parc européen (38 magasins) plus une dizaine de magasins à Hong Kong en indiquant que la France "est le seul pays où nous avons été contestés".

Pour le moment, les syndicats et membres du comité central d'entreprise n'ont pas souhaité commenté la teneur du rapport, "tant que tout le monde ne l'a pas reçu", a expliqué Véronique Limousin, déléguée syndicale centrale (FO), jointe par tf1.fr. Les salariés seront informés des conclusions du rapport le 19 juillet lors d'une assemblée générale. Un comité central d'entreprise est prévu le 24 juillet en présence de l'expert qui a réalisé le rapport commandé en mars et de la direction de Marks & Spencer.

Par Sophie Lutrand le 06 juillet 2001 à 17:04
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