AOM : que cache ce nouveau délai ?

Par , le 17 juillet 2001 à 17h36 , mis à jour le 17 juillet 2001 à 17h41

D’après les syndicats, le délai pour le dépôts des candidatures à la reprise du pôle aérien AOM-Air Liberté aurait une nouvelle fois été prolongé. Les offres seraient toujours aussi peu satisfaisantes.

aom air liberté air littoral © INTERNE

Je compte jusqu’à trois : 1, 2, 2 et demi… A en croire les déclarations des syndicats en marge du comité central d’entreprise sur l’avenir d’AOM-Air Liberté en cours en ce moment, le délai de dépôt pour les dossiers de reprise du pôle aérien a une nouvelle fois été reporté de quelques jours, jusqu’à jeudi précisément.

En cours d’après-midi, les deux administrateurs judiciaires chargés du dossier ont simplement déclaré qu’ils n’avaient pas encore remis au tribunal de commerce de Créteil la liste des candidats. Des fuites concordantes laissent penser que ce nouveau retard est dû au fait qu’aucune offre ne les satisfait, même après amélioration. Contrairement à ce qui circulait ce matin, l’actuel pdg d’AOM-Air Liberté, Marc Rochet, n’aurait déposé aucun dossier concurrent à ceux de Fidei et de Holco (voyez notre article en lien ci-dessus).

Les deux administrateurs doivent présenter un rapport sur le bilan économique et social des compagnies et détailler les projets des candidats à la reprise, le tribunal ayant ensuite la charge de décider entre l'agrément d'une ou de plusieurs offres de reprise totale ou partielle ou la liquidation judiciaire pure et simple. Cette décision devait tomber jeudi. Elle sera probablement reportée. Le temps presse. Si les syndicats affirment que la compagnie a "de la trésorerie jusqu'au 25 juillet", les administrateurs parlent, quant à eux, de "quelques jours".

La situation semble à ce point désastreuse qu’une intervention du gouvernement paraît envisageable. En fin d’après-midi, le Premier ministre Lionel Jospin rencontrait le président d’Air France, Jean-Cyril Spinetta. De quoi éveiller les soupçons du syndicat national des pilotes de lignes qui craint des pressions de l’Etat, actionnaire majoritaire d'Air France, pour faciliter la reprise du groupe AOM par des actionnaires privés. Dimanche déjà, le ministre des Transports Jean-Claude Gayssot évoquait un possible rapatriement par Air France des passagers bloqués par une éventuelle cessation d’activités d’AOM. Qui va payer ces billets ? s’inquiètent les pilotes.

Par David Straus le 17 juillet 2001 à 17:36
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