© INTERNE"L'effet tango" n'est pas une variante de la célèbre danse argentine mais un modèle de contagion de la crise aux autres pays émergents, et en particulier au Brésil, son principal partenaire commercial. L'Argentine est la troisième économie de l'Amérique latine et la simple idée qu'elle se retrouve en cessation de paiement de sa dette colossale de 128 milliards de dollars affole les économistes les plus chevronnés en leur remémorant la crise asiatique de 1997 qui avait contaminé toutes les places financières de la planète.
Objectif "déficit zéro", mais sans dévaluation du peso
Le président argentin, Fernando de la Rua, s'est empressé d'annoncer un plan d'austérité contenant des mesures drastiques d'économies sur les dépenses publiques. En vrac : des réductions de 8 à 10% des salaires des fonctionnaires, mais aussi des pensions des retraités de la fonction publique. Ces mesures notoirement impopulaires, couplées à des coupes sombres parmi les grands fournisseurs de l'état, ont pour but d'économiser près de 1, 5 milliard de dollars d'ici à la fin de l'année et de ramener le déficit public à zéro. Par contre le message sans équivoque envoyé aux créanciers est qu'il n'est pas question de dévaluer le peso argentin.
Le scénario d'un abandon de la fameuse parité dollar et peso serait une catastrophe pour tous les groupes bancaires ayant investi en Argentine, car il raviverait le spectre de l'hyper-inflation, et rendrait le pays insolvable. Plusieurs cas de banques refusant d'échanger des pesos contre des dollars inquiètent les particuliers argentins. Du côté des professionnels, on s'est délesté sans attendre d'obligations et d'actions argentines. De ce fait, le mouvement de panique a percuté de plein fouet les emprunts argentins, puis le Brésil où le réal a plongé aussitôt dans les profondeurs de la cote.
Fièvre locale ou épidémie mondiale ?
Les experts de tous bords sont en ce moment même au chevet d'une Argentine malade financièrement, mais aussi politiquement. Néanmoins, ils s'accordent sur un diagnostic moins pessimiste que prévu. Selon Garry Schinasi, économiste et responsable des études sur les marchés de capitaux au sein du FMI, " il ne faut pas craindre une contagion de la crise argentine" aux autres marchés émergents, voire à tout le système financier mondial. Le système financier est plus résistant aux chocs qu'auparavant, en particulier les fonds spéculatifs et autres groupes bancaires.
Si la contagion n'est pas générale, au Brésil, le real reste sous pression, et la banque centrale vend 50 millions de dollars par jour pour le soutenir. Si cette situation perdure, le Fond monétaire international (FMI) devra encore jouer les pompiers et voler au secours de ces économies en détresse.
En attendant, les Argentins font le gros dos devant cet orage économique et espèrent tous qu'une fois de plus leur ministre des Finances préféré, Domingo Cavallo, trouvera une solution de choc pour sortir le pays du marasme.
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