© AFPDans moins d’un mois, Electricité de France sera confortablement installée sur le marché italien de l’énergie. Cachée dans l’ombre du groupe transalpin Fiat, l’entreprise publique française recueillera le 21 août les fruits de l’offre publique d’achat lancée aujourd’hui sur la holding Montedison par Italenergia, une entreprise créée pour l’occasion par les deux géants.
Ce qui aiguise l'appétit du Français n’est pas tant Montedison et ses multiples joyaux, de l’agroalimentaire à la chimie, que sa filiale électrique Edison. Grâce à elle, Italenergia deviendra à court terme le deuxième pôle énergétique d’Italie. D’ici à 2005, le groupe entend disposer de 15% des capacités installées en Italie (soit 14.000 MW) et d’un quart de la production nationale d’électricité.
Des actions rachetées à meilleur prix
D’abord opposé à l’offre, le conseil d’administration de Montedison l’a finalement acceptée dimanche et a demandé à ses actionnaires d’y répondre favorablement. En contrepartie, Italenergia a revalorisé son prix d’achat et a promis de maintenir en place l’essentiel de l’équipe dirigeante de Montedison. Seul le président, le sidérurgiste Luigi Lucchini, peu apprécié par les Agnelli, est remplacé. Son poste sera désormais occupé par le Turinois Enrico Deaglio, célèbre professeur d’économie et chroniqueur à La Stampa, un journal détenu par Fiat.
Italenergia, qui offrait à l’origine 2,82 euros par action Montedison, a relevé une première fois son prix à 3,07 euros puis une seconde fois à 3,16 euros. En revanche, la société maintient à 11,6 euros son offre sur Edison. Cette dernière a annoncé qu’elle considère toujours le prix proposé comme "inadéquat" mais laisse à ses actionnaires la liberté d’adhérer ou non à l’offre publique d’achat. Au total, l’opération coûtera 5,4 milliards d’euros, dont un cinquième sera supporté par EDF.
La défaite de Médiobanca
Mediobanca, l’actionnaire de Montedison le plus déterminé à s’opposer à EDF et Fiat, aura finalement dû baisser les bras (cf notre papier en lien ci-dessus). La troisième offre écarte encore un peu plus l’hypothèse d’une surenchère par un chevalier blanc. De plus, Montedison s’est engagée à abandonner toutes les actions judiciaires visant à empêcher l’OPA.
Après le feu vert de l'autorité boursière italienne le 17 juillet, reste encore à attendre l’avis de la Commission européenne. Celle-ci s’est déclarée compétente pour examiner la concentration. Elle dispose d’un délai d’un mois pour donner son autorisation ou engager une enquête approfondie de quatre mois supplémentaires. Mais cela ne gèle pas l’OPA.
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Infographie réalisée par Nadège Durufle.
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