© INTERNEProjetez-vous dans l’avenir. Au 1er janvier prochain, plus exactement. Après avoir écumé les rues du quartier, vous avez finalement trouvé la seule épicerie ouverte pour le premier jour de l’an. La file des clients s’étend jusque sur la rue. Les uns découvrent péniblement les toutes nouvelles pièces frappées au sigle de l’euro, les autres font l’appoint avec leurs derniers francs. Voici votre tour. "Ce sera 35 euros". Sortant un carnet tout écorné, vous proposez : "Je vous fais un chèque?". "D’accord, mais en euros", vous est-il répondu.
C’est alors que vous vous souvenez : il y a quelques mois, entre juillet et octobre, la banque vous avait envoyé, à vous comme à tous les Français, un chéquier tout neuf à libeller en euro, histoire de s’entraîner. A la même époque, vous vous étiez étonné du basculement automatique de votre compte dans la nouvelle monnaie. Vous aviez failli vous renseigner.
En janvier, c'est fini... ou ça commence !
Contrairement au paiement en argent liquide qui reste possible jusqu’en février 2002, il ne sera plus possible de payer par chèque ou par carte de crédit (la monnaie scripturale) à partir du 1er janvier prochain. En revanche, à l’inverse des pièces et des billets qui ne seront pas disponibles avant le début de l’année prochaine, il est déjà possible, depuis le 1er janvier 1999, de payer avec de la monnaie fiduciaire sans frais et sans changer ses comptes en banque. Et pas seulement avec un chèque ou la carte bleue habituelle, mais encore par virements, chèques de voyage ou titres-restaurant. Deux ans pour s’y mettre et pourtant…
Et pourtant, fin mai, le recours à ces deux types de paiement en euros concernait moins de 1% des particuliers. 2,5% à peine des transactions. L’objectif du ministre des Finances est d’aborder le mois de décembre avec 70% des paiements par ces modes de paiement.
Méfiance à l'étranger
Outre une campagne de publicité incitant les consommateurs à payer dans la nouvelle devise, le gouvernement compte sur l’appui de ses administrations et des commerçants pour parvenir à son objectif ambitieux, sinon utopique. Côté chèque, tout le monde possèdera automatiquement un chéquier en euros avant la fin octobre. Pour les cartes, le client n’a rien à faire. Tous les terminaux du grand commerce permettent déjà de régler les achats en euros. 64% des petits commerçants sont également équipés. Plus d’excuse, donc.
En revanche, ce qui est vrai en France ne l’est pas nécessairement en Espagne, Italie ou Allemagne. Si les paiements par carte et par virements sont souvent les bienvenus, l’utilisation des chèques est déconseillée. Tout d’abord parce que les autres pays de la zone euro pratiquent moins les paiements par chèque que la France. Ensuite, et surtout, parce que les banques demandent un supplément d’argent pour ces opérations.
Le 1er janvier 2002, il ne sera plus possible de régler ses dettes en francs avec la monnaie fiduciaire. En revanche, depuis le 1er janvier 1999, il est fortement conseillé de payer en euros, sans changer son compte bancaire, avec :
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